Sur la mesure la plus polémique, l’installation de «portiques de sécurité» à l’entrée des établissements scolaires, Nicolas Sarkozy a remis sa décision à plus tard. «Bien sûr qu'il est regrettable d'en arriver là. Mais comment agir autrement dans un tel contexte? Attendre que l'irréparable se produise?» a-t-il déclaré. Il a annoncé une série de diagnostics de sécurité dans 184 collèges et lycées, laissant entendre que les réponses se trouveront ensuite, au cas par cas.
Le Président ramène la vidéo surveillance sur le devant de la scène. Un «moyen fondamental de la politique de sécurité» qui, estime-t-il, «ne menace pas les libertés», mais est dissuasif pour un délinquant. Là encore, le diagnostic de sécurité spécial aura à charge de déterminer où et quand installer les dites caméras.
Il n’a en revanche pas du tout évoqué des sanctions financières pour les parents d’élèves perturbateurs, et a demandé que «l’intervention policière soit effectuée de manière quasi-instantanée» en cas d’incident.
«Manifester l’autorité de l’Etat»
Nicolas Sarkozy n’a pas oublié le ministre de l’Intérieur qu’il était avant de devenir président, et a quitté les problèmes scolaires pour évoquer d’autres questions sécuritaires. Incisif, il fait de «la conquête des quartiers sensibles sa priorité. Aucune rue, aucune cave, aucune cage ne doit être abandonnée aux voyous». Le président attend par conséquent une «mobilisation complète des forces de l’ordre». 25 quartiers sont visés, dont 21 en région parisienne. Opération coup de point, renforcement des effectifs en Seine-Saint-Denis, le président Sarkozy entend y «manifester l’autorité de l’Etat». Douanes et fisc ont également été cités, pour «frapper les trafiquants au portefeuille».
«La prévention de la délinquance a été beaucoup trop négligée»
Après le volet répression, Nicolas Sarkozy a parlé prévention. «La prévention de la délinquance a été beaucoup trop négligée ces dernières années», a constaté le Président, qui compte remédier à cet abandon. «Dès septembre», a-t-il précisé, le Premier ministre présentera «un plan gouvernemental de prévention de la délinquance et d'aide aux victimes».