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La reine d'Angleterre grande oubliée de la commémoration du Débarquement

La reine Elizabeth II délivre son discours à l'ouverture officielle du Parlement à Londres, le 3 décembre 2008.
La reine Elizabeth II délivre son discours à l'ouverture officielle du Parlement à Londres, le 3 décembre 2008./Dominic Lipinski AFP/Archives

DEBARQUEMENT - Le 6 juin, Barack Obama et Nicolas Sarkozy fêteront le 65e anniversaire du Débarquement en Normandie, étape majeure de la libération de la France. Sans la reine Elizabeth II, qui n'a pas été invitée. Shocking!...

La France a-t-elle commis un impair en oubliant d’inviter la reine d’Angleterre aux commémorations du Débarquement? Outre-manche, la presse prétend que la reine fulmine de ne pas avoir été conviée, et les tabloïds condamnent sans ménagement l’impair de l’administration Sarkozy.

Pour le «DailyMail», qui a révélé l’affaire mercredi, «les officiels français ont écrasé nos derniers espoirs, reconnaissant qu’ils n’avaient jamais envisagé d’inviter un membre de la famille royale» et ce malgré «sa volonté réaffirmée de participer à la célébration historique du 65e anniversaire».

L’oubli de Nicolas Sarkozy passe ni plus ni moins «pour une insulte à la mémoire britannique», pour le journal anglais qui titre «le d-day snobe la reine: colère à Buckingham après que Sarkozy refuse d’inviter des royaux».

Gordon Brown y sera

Le «DailyMail» ne s’arrête pas en si bon chemin et ajoute ce jeudi une deuxième couche, pointant le «demi-tour toute de Sarkozy», qui répond à la Reine qu’elle est naturellement la bienvenue, aux côtés de Barack Obama.

Un revirement qui intervient «trop tard» aux yeux du quotidien. Neuf jours pour se préparer, c’est trop peu. Six mois auraient été mieux. Mais si l’honneur de la couronne est ainsi souillé, c’est surtout parce que le premier ministre anglais est, lui, invité à se rendre sur les plages de Normandie. Gordon Brown y sera bien, mais parce qu’il l’en a fait la demande au préalable.

Mais ce qui ne passe pas, surtout, dans les pages des tabloïds, c’est l’outrage fait au passé: «La France oublie les soldats anglais et canadiens qui ont combattu aux côtés des troupes américaines. Au moins 17.556 anglais et 5.316 canadiens sont morts pour sauver la France et y reposent», s’indigne «The First Post»

«Pourquoi les Français ne nous pardonnent pas de les avoir sauvés»

«Le Telegraph» garde son calme et s’en tient quant à lui à la version française. Et plus particulièrement aux propos de Luc Chatel, le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation. «Il y aura d’autres 6 juin », note le journal, pour qui cet anniversaire est «d’abord et surtout une cérémonie franco-américaine, eut égard à la récente élection du président Outre-Atlantique».

Des explications insuffisantes pour le «Daily Mail», qui laisse à ses plus belles plumes le soin d’ouvrir le débat. Stephen Glover titre «Pourquoi les Français ne nous pardonnent pas de les avoir sauvés». Robert Hardman renchérit «insulte à la Reine, le seul chef d’Etat encore en vie à avoir servi à quelque chose durant la guerre».

Ce dernier laisse toutefois place à une éventuelle réconciliation en terminant sur... une invitation: «Il n’est pas trop tard pour vous rattraper, Monsieur Sarkozy, l’adresse est la suivante... »
Romain Gouloumes
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