TENNIS - Le joueur le moins bien classé du tableau dispute jeudi son deuxième tour face à Jürgen Melzer...
De notre envoyé spécial à Roland-Garros
«Je ne me suis jamais imaginé devenir un grand champion.» Venant d’un joueur présent au deuxième tour de Roland-Garros l’aveu semble étonnant.
En marge du discours ambiant. Guillaume Rufin l’assume, il n’a jamais pris le temps d’évaluer ses ambitions, même si son début de tournoi pourrait changer ses plans. Pour son premier match sur le circuit, le grand échalas s’est offert un beau cadeau, la veille de ses 19 ans, en sortant l’Argentin Eduardo Schwank.
Jeudi, le 599e joueur mondial sera le joueur le moins bien classé présent au deuxième tour, où il visera un autre exploit, face à Melzer. Un adversaire qu’il ne «connaît pas», lui, l’habitué du circuit Future et ses tournois sans ramasseurs de balles. Planqué derrière une tignasse bouclée, le garçon préfère ne «penser qu’à son tennis, à se faire plaisir», en simple «amoureux du jeu». Plus jeune déjà, Guillaume Rufin n’était pas du genre à tendre son carnet d’autographes au bord du terrain. «Je regardais le tournoi à la télé, chez moi. De loin, en mangeant, comme tout le monde.»
Toujours très calme
L’ascension de Rufin ne relève pas de l’évidence. «A la maison, mes parents ne m’ont jamais poussé pour aller m’entraîner», glisse celui qui doit sa présence à Roland à une wild-card. Arrivé il y a seulement trois ans au CNE de Roland-Garros, le garçon justifie son éclosion tardive: «Avant, je ne me sentais pas prêt, tout bêtement. Il ne faut pas y aller pour y aller. La rentrée, je l'ai faite au bon moment quand j'étais prêt.»
Avec son bac L en poche, Rufin se définit «juste un amoureux du jeu». Fan de Marat Safin, avec qui il a échangé quelques balles à l’entraînement, la semaine dernière. «Il est toujours calme, glisse Emmanuel Planque, son entraîneur. C'est un joueur simple. Pour son premier match à Paris, il m'a impressionné par sa volonté et sa hargne. C'est un garçon vraiment singulier.»
Federer le connaît
Sur le court, le Bourguignon sert fort et cogne en cadence. Une sorte de Marc Rosset en puissance dont l’exploit du premier tour est même parvenu
aux oreilles de Roger Federer. «C'est super de jouer au tableau principal à un jeune âge et de gagner un match. C'est quelque chose que je n'ai pas réussi. Maintenant que je le connais, c’est un grand moment pour lui...» On ne contrôle pas tous les effets secondaires de la notoriété.
Romain Scotto