«Jusqu’à présent, l’électorat MoDem était peut-être perturbé par les prises de positions anti-Sarkozy de François Bayrou, analyse Jean-François Doridot, directeur général d’Ipsos. Ça s’est clairement débloqué cette semaine. Les sympathisants du MoDem ont désormais l’intention de voter pour ce parti et ont moins la tentation d’aller vers l’UMP ou le PS.» Le leader centriste peut-il rêver d’un score comme celui de la présidentielle 2007, quand il avait dépassé les 18%?
«Il existe une marge de progression, estime Jean-François Doridot, mais le MoDem en est encore à mobiliser dans son propre camp, et non à conquérir l’électorat d’autres partis. Et il doit faire face à la concurrence des Verts et de la gauche radicale, vers qui se tournent ceux qui veulent sanctionner le PS.»
Pour les socialistes justement, la problématique est inverse: le PS recueille seulement 20% d’intentions de vote, contre 24% en mars. Une baisse constante. Le camp de Martine Aubry parvient de moins en moins à mobiliser son électorat. Il y a deux mois, 62% des sondés ayant voté Royal en 2007 étaient décidés à voter PS pour ces européennes. Ils sont maintenant 54%.
«Et il n’y a pas d’éléments aujourd’hui qui peuvent faire croire à une inversion de cette tendance, estime Jean-François Doridot. Même pas l’implication de Ségolène Royal dans la campagne. En effet, sa cote de popularité est au plus bas. Elle ne sera pas un atout décisif pour le PS, qui ne doit pas passer sous les 20%, sinon il court à la catastrophe.»
Pas encore un vote sanction, mais...
La baisse de deux points de l’UMP, désormais à 26%, n’est pas aussi inquiétante, mais elle a valeur d’avertissement pour la majorité, qui doit rester au-dessus des 25 %.
Elle devra continuer de mobiliser un électorat peut-être tenté de ne pas lui offrir une large victoire. Pour preuve, les sondés sont moins nombreux à vouloir soutenir l’action de Nicolas Sarkozy à travers ce scrutin. Ce n’est pas encore un vote sanction, mais ça pourrait le devenir…