Mieux vaut être pauvre et bien portant. La couverture maladie universelle (CMU) ne garantit pas l'accès aux soins, selon le Ciss, un collectif d'une trentaine d'associations de malades, qui présentait hier les résultats de son «testing» effectué dans onze villes auprès de 466 spécialistes (dermatologues, cardiologues, gastro-entérologues, gynécologues, neurologues, ophtalmologues, ORL, pneumologues et psychiatres) pouvant pratiquer des dépassements d'honoraires (secteur 2). Ils «ont été sélectionnés selon une méthode qui s'est efforcée de garantir un niveau de représentativité satisfaisant», a affirmé le Ciss, en précisant que «la technique du testing (...) n'obéit pas aux modalités techniques requises pour le déroulé d'un sondage».
Un nombre de refus de soins élevé
Selon l'enquête, 22% des spécialistes testés ont refusé un patient bénéficiaire de la CMU, tandis que 73 % l'ont accepté, et que 5 % l'ont accepté «sous conditions». «Ces situations de refus (...) ne sont pas marginales et procèdent d'intentions clairement discriminatoires», dénonce le Ciss.
Les psychiatres champions des refus
Parmi les psychiatres testés, 41% ont refusé les patients CMU, alors que 100 % des pneumologues les ont acceptés. D'après le Ciss, la raison parfois invoquée par les psychiatres est qu'ils estiment que « le paiement de la consultation par le patient constitue une démarche à intégrer dans la thérapie ».
La palme pour Paris
Dans la capitale, 46% des spécialistes ont refusé les soins. Parmi les raisons citées par le Ciss, «les très lourdes charges à payer» et «l'interdiction de facturer des dépassements d'honoraires aux patients bénéficiaires de la CMU».