Tati pourra garder sa pipe et Coco Chanel sa cigarette

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Publié le 25 mai 2009.

PUBLICITE - La régie publicitaire de la RATP avait préféré enlever les produits liés au tabac de certaines affiches de films et d'expositions...

Métrobus n’aura plus à faire de zèle. L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a décidé que des produits liés au tabac, comme la pipe, le cigare ou la cigarette, pourraient désormais figurer sur des publicités sous certaines conditions. Une décision qui fait suite à la polémique soulevée en avril par la suppression, dans le métro parisien, de la pipe figurant sur l'affiche d'une exposition consacrée à Jacques Tati. Quelques jours plus tard, Metrobus, la régie publicitaire de la RATP, avait de nouveau invoqué la loi Evin contre le tabac pour ôter la cigarette de Coco Chanel sur l'affiche du film «Coco avant Chanel».
 
Trois critères pour les campagnes publicitaires
 
Après avoir saisi le Conseil de l'éthique publicitaire, l'ARPP a décidé que ses services «pourraient, désormais, ne plus déconseiller la représentation, dans des campagnes publicitaires, de produits de consommation du tabac (pipe, cigare ou cigarette)». Trois critères devront toutefois être remplis: «Les campagnes doivent émaner d'annonceurs qui n'ont aucun lien avec l'industrie ou la distribution du tabac, et avoir une finalité culturelle ou artistique».
 
De même, les personnes représentées «doivent être disparues, ou figurer dans des oeuvres d'art faisant partie intégrante d'une promotion publicitaire pour une manifestation artistique». Enfin, il doit s'agir de produits de consommation du tabac «inséparables de l'image et de la personnalité de la personne disparue qui y figure». L'Autorité cite ainsi Jacques Tati, Georges Brassens ou André Malraux.
 
L'ARPP indique qu'elle «espère que cette interprétation de la loi (...) sera confirmée par les pouvoirs publics ou les tribunaux après les prises de positions publiques qui ont été exprimées par la ministre de la Santé et l'Alliance contre le tabac». Devant le tollé provoqué par les décisions de Metrobus en avril, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot avait lancé: «Ah non, moi, je ne suis pas pour enlever la pipe à Jacques Tati!» L'ancien ministre de la Santé Claude Evin, à l'origine de la loi de 1991 sur l'interdiction de la publicité pour le tabac, avait lui-même jugé «ridicule» de gommer ainsi la pipe de Tati.
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