Jeu des extrêmes, mais finalement balle au centre. Propulsé par un feu de critiques, le leader du MoDem, François Bayrou, se retrouve au centre de la campagne des élections européennes. Les piques fusent, les attaques claquent et la gauche comme la droite tapent de plus en plus fort sur celui qui n'est même pas candidat à Strasbourg. Mais dont le parti, qui présente dix-sept candidats, se porte comme un charme. Accusant Bayrou d' «imposture», Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, rejette la responsabilité de la percée centriste sur le Parti socialiste, qui devrait «d'urgence définir une ligne politique». Le PS rétorque que le Béarnais s'est «allié, au plan européen, avec des ultralibéraux» et relève donc de la droite, selon Harlem Désir, tête de liste en Ile-de-France.
Du côté des Verts, on juge que «Bayrou déraille» et cherche à «détourner» la campagne pour favoriser sa course vers l'Elysée. L'intéressé, déjà visé pour son brûlot anti-Sarkozy, «Abus de pouvoir» (Plon), se veut magnanime: «On n'a jamais vu attaquer quelqu'un qui n'est pas dangereux.» Le dernier sondage CSA semble lui donner raison: le MoDem est crédité de 14% d'intentions de vote, soit une hausse de deux points, quand tous ses concurrents affichent un recul.