POLEMIQUE - Les critiques fusent, notamment à droite, après l'interpellation de deux garçons à la sortie de l'eur école.
L’
interpellation de deux cousins de 6 et 10 ans, à la sortie de leur école à
Floirac en Gironde, n’en finit pas de créer l’indignation et d’interroger sur les
méthodes de la police.
Le directeur départemental de la sécurité publique, Albert Doutre, semble défendre ses troupes, en précisant que la police a agi sur requête d'une mère de famille qui avait déposé plainte pour vol et qui a pensé reconnaître ses vélos. Il précise que les enfants ont été interpellés «très judicieusement un peu à l'écart du groupe scolaire» après la fin de la classe, avant d'être conduits «sans menottes ni rudoiement» au commissariat situé à proximité, où leurs mères les ont ensuite rejoints, afin d'établir leur identité et d'être auditionnés.
Enquête interne
Certes! Mais la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, n’en a pas moins demandé au directeur général de la police nationale l'ouverture d'une enquête interne. Tandis que le parquet de Bordeaux a souligné que «lorsque ses services ont été avisés, les mineurs se trouvaient déjà au poste de police».
Il faut dire que les critiques affluent de toute part, y compris à droite. Le ministre de l’Education nationale inaugurait jeudi le 90e congrès annuel de la PEEP (parents d’élèves), à l’occasion duquel il a annoncé qu’il songeait à autoriser la fouille des élèves pour lutter contre les violences scolaires. Dans un communiqué, il a fait savoir qu'il «s'interrogeait sur les circonstances de l'interpellation».
Condamnation à droite
A droite aussi on s’interroge, et même on condamne. Devant le tollé suscité par l’affaire, le très actif porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefevbre n’a pas hésité à prendre sa plume un jour férié pour demander «une enquête sur les conditions de cette interpellation, les raisons pour lesquelles la police n'a, semble-t-il, pas prévenu les parents et a jugé indispensable de procéder comme elle l'a fait». «L'école doit rester un lieu privilégié du vivre ensemble, a-t-il écrit dans un communiqué. L'arrestation d'un enfant de six ans soupçonné du vol d'un vélo à la sortie de l'école n'est pas acceptable.»
Quant au corps enseignant il est choqué. Le SNUIpp-FSU, principal syndicat d'enseignants du primaire, a évoqué une arrestation «choquante et démesurée» qui «heurte profondément l'ensemble des enseignants, des éducateurs et des parents d'élèves».
C. L. avec agence