Allègre au gouvernement: on ne peut pas plaire à tout le monde...
Créé le 20.05.09 à 17h03
Mis à jour le 20.05.09 à 17h46
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POLITIQUE - La volonté supposée de Nicolas Sarkozy de faire entrer le chercheur au gouvernement rend sceptique jusque dans l’entourage du chef de l’Etat...
La rumeur ne cesse d'enfler depuis quelques semaines: Claude Allègre pourrait faire son entrée au gouvernement lors du remaniement prévu après les européennes. La possible arrivée de l’ancien ministre socialiste qui voulait «dégraisser le mammouth» de l’Education nationale suscite une grande prudence dans la majorité et des sarcasmes dans l’opposition.
D’après «Le Monde», c’est Nicolas Sarkozy en personne qui souhaite accrocher ce nouveau trophée de l’«ouverture» à son tableau de chasse. Mais la rumeur inquiète certains des ministres. Le ministère taillé sur mesure pour Claude Allègre pourrait rogner sur les attributions de Valérie Pécresse et Christine Lagarde, deux poids lourds du gouvernement qui tentent de faire capoter le projet, selon le quotidien du soir.
Un ministère à la japonaise
Des personnalités aussi influentes que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Raymond Soubie, conseiller du Président, seraient elles aussi sceptiques. Il faut dire que Claude Allègre n’est pas connu pour son sens de la diplomatie. Lors de son passage au ministère de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, il s’était mis une grande partie du monde enseignant à dos.
Mais cette fois-ci, plus question de se heurter au «mammouth», il se dit partant pour prendre la tête d’un «Miti français». Le Miti, c’est cette fameuse administration japonaise qui réunit le Commerce international, l’Industrie et la Recherche technologique, un fantasme récurrent des gouvernements français.
Une «provocation»
Autre écueil soulevé par les socialistes et le milieu de la recherche: Claude Allègre ne croit pas à la thèse d’un réchauffement climatique consécutif aux activités humaines. Laurence Rossignol, secrétaire nationale à l'environnement du PS, a estimé mercredi que le chercheur était «grenello-incompatible». Bertrand Monthubert, ancien président du collectif «Sauvons la recherche», avait déclaré en février que «sa nomination au gouvernement ferait pour nous figure de provocation».
Contrairement aux cas Kouchner, Besson et autres Bockel, le PS ne semble pas blessé par la tentation gouvernementale de Claude Allègre. L’ancien ministre de Jospin a pris clairement ses distances avec les socialistes en étrillant la campagne de Ségolène Royal dans
un livre paru à l’hiver 2008. Allègre au gouvernement? «Cela nous débarrasserait», ironise l’ancien ministre PS des Finances Michel Sapin.
Devedjian, bon élève
Appelé à la rescousse, Brice Hortefeux, ministre des Relations sociales, a défendu la seconde phase de l’ouverture, estimant que «l'une des empreintes du sarkozysme c'est sa capacité à s'ouvrir». Bon élève, Patrick Devedjian, ministre de la Relance, a salué «un homme qui a du talent» parlant de Claude Allègre. Devedjian avait pourtant tonné contre l’ouverture en 2007, estimant qu’elle devait aller «jusqu'aux sarkozystes».
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