Penelope Cruz et Pedro Almodovar, le 19 mai 2009 à Cannes. /LYDIE/NIVIERE/NIKO/SIPA
DECRYPTAGE - Relations de confiance, de mentor ou d'amitié: ces acteurs et réalisateurs ne se quittent guère de film en film...
Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric dans «Les Herbes folles» d’Alain Resnais; Sabine Azéma et André Dussolier toujours sous la houlette de Resnais; Penelope Cruz et Pedro Almodovar dans «Etreintes brisées»; Ariane Ascaride et Robert Guédiguian dans «L’Armée du crime» (présenté hors compétition)… A Cannes cette année, les couples de cinéma ne se défont pas.
Habitués à travailler ensemble, ces duos se donnent la réplique dans des films de la sélection officielle, comme dans d’autres films avant cela. Qu’a-t-on besoin de chercher ailleurs quand le courant passe?, répondent en chœur tous ceux à qui on a demandé pourquoi ils retrouvaient leurs acolytes sur plusieurs films.
«Etreintes brisées» par exemple, c’est le quatrième film que Pedro Almodovar tourne avec Penelope Cruz, que l’on n’a pas vue depuis le début du festival pour cause de «maladie». Copains comme cochons, ils évitent pourtant les familiarités dès que leur tournage ensemble reprend. «Au moment où le film entre en production, il redevient mon metteur en scène, et rien d’autre. Monsieur Almodovar en quelque sorte», expliquait l’actrice dans «Télérama». Façon de remettre la distance entre celui qui dirige et celui qui exécute.
Même si le duo de cinéma fonctionne souvent à merveille, rares sont ceux qui ne prennent pas l’air avec d’autres «partenaires». Quitte à mieux revenir ensuite. Ainsi, Jean-Pierre Bacri, que l’on a beaucoup vu jouer avec Agnès Jaoui, a cette fois tourné sous la houlette de Nassim Amaouche pour le film «Adieu Gary», présenté à la Semaine de la critique à Cannes.
Mais quand on interroge l’acteur sur sa relation avec Agnès Jaoui, ses yeux se mettent à sourire: «Avec Agnès, ça circule plutôt merveilleusement. On a une relation de confiance telle qu’il n’y a pas de susceptibilité. Parfois, quand on n’est pas d’accord sur du bleu ou du vert d’une scène, on peut être secs, se confronter, mais c’est toujours tellement bien au final. Quand on aime quelqu’un, on peut se disputer avec lui, car on sait que c’est du provisoire, de l’anecdotique, mais on finit toujours par s’entendre sur l’essentiel.»
Liens
«Les duos peuvent se retrouver à différentes étapes de la vie, précise Virginie Ledoyen. Moi par exemple, j’ai été d’abord la fille de Gérard Lanvin, avant d’être sa fiancée des années plus tard, dans un autre film.»
Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric, c’est aussi une longue histoire. Lors du festival de Cannes de 2008, ils jouaient ensemble «Conte de Noël» d’Arnaud Desplechin. Cette année, les revoici dans le dernier Alain Resnais. Mais avant cela, ils ont aussi joué ensemble dans «La Moustache» d’Emmanuel Carrère. Mais aussi dans «Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle)» et «Rois et reine», deux films signés là aussi Desplechin. Car ne nous y trompons pas, si les duos d’acteurs sont permis, c’est sur le bon vouloir du réalisateur, qui fait et défait les castings. Et les familles cinématographiques.
CULTURE - Vous en entendez parler depuis deux semaines, mais ne les avez pas vus. Petit calendrier des sorties des films projetés à Cannes. A vos agendas...
Vos réactions