EUROPEENNES - Avantage à l'UMP et à une partie de la gauche selon le sondage Ipsos-SFR-Le Point-20 Minutes.
Le scrutin des Européennes dans moins de trois semaines pourrait donner deux gagnants si l’on en croit les enseignements du dernier sondage Ipsos pour SFR, Le Point et 20 Minutes: l’UMP et la gauche. Mais pas toute la gauche. En effet, le
PS pourrait être le grand perdant dans l’histoire, leur liste tombant à 22% d’intentions de vote contre 24% mi-mars. «La gauche est globalement à un niveau assez haut puisque toutes les formations réalisent un score total de 46%, soit un point de plus que pour les dernières élections régionales, analyse Jean-François Doridot, directeur général d’Ipsos. Pourtant, le PS est minoritaire dans cet ensemble, avec un électorat très dispersé.»
Des sympathisants qui lorgnent du côté du MoDem
Il est clair que Martine Aubry, en meeting mardi soir à Marseille, et les socialistes, sont à la recherche d’un nouveau souffle dans cette campagne. D’autant que le message de vote sanction contre le gouvernement et Nicolas Sarkozy plus particulièrement, ne prend pas. Pire pour Martine Aubry, quand on demande aux personnes sondées, qui d’elle ou de François Bayrou est le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy, la Première secrétaire du PS ne recueille que 44% des suffrages contre 37% pour le patron du Mouvement démocrate. «Et ils sont près d’un quart des sympathisants PS à pencher du côté du MoDem», note Jean-François Doridot.
« Non seulement, le vote sanction ne prend pas, mais en plus, l’UMP a réussi à souder sa base électorale derrière le chef, poursuit le directeur général d’Ipsos. Près de 90% des sympathisants de la majorité ont une opinion favorable de Nicolas Sarkozy qui revient à des niveaux proches de 2007. Ils n’ont aucune tentation d’aller voir ailleurs, notamment parce qu’ils entendent une tonalité d’espoir dans la sortie de crise. Mais ce sont des éléments fragiles et qui peuvent basculer dans les deux dernières semaines.»
Pourtant tout renversement des lignes actuelles ne pourra passer que par une augmentation forte de la participation. Une participation difficile à mesurer. Ipsos estime à 45% le taux de votants potentiels aujourd’hui, un chiffre qui s’élevait à 60% deux semaines avant le scrutin des Européennes de 2004. «Seule certitude, estime Jean-François Doridot, si le vote avait lieu maintenant, on battrait des records d’abstention. La cause de ce désintérêt revient à la crise, et c’est vrai pour tous les pays concernés, pas seulement pour la France.» Un désintérêt particulièrement marqué chez les jeunes qui ne seraient que 30% à vouloir aller voter. Tout l’enjeu de fin de campagne sera d’essayer de les motiver.
David Carzon
METHODOLOGIE
Ce sondage a été effectué les 15 et 16 mai, par téléphone, au près d'un échantillon national de 862 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, inscrit sur les listes électorales.