CAMPAGNE - Vote sanction ou pas vote sanction contre Nicolas Sarkozy? Le parti socialiste oscille entre plusieurs stratégies, préférant finalement apparaître comme force de proposition plutôt que comme opposant aux arguments uniquement nationaux…
Martine Aubry tentera une fois de plus, ce mardi soir à Marseille, de sortir le Parti socialiste de la mauvaise passe dans laquelle il s’est mis. Et de donner une direction claire à une campagne qui oscille entre plusieurs positions. Quitte à laisser l’électeur comprendre tout seul qu’un vote sanction n’est ni un vote efficace, ni un vote utile...
Nicolas Sarkozy a lancé la campagne européenne
le 5 mai à Nîmes en défendant son bilan à la tête de la présidence tournante de l’UE. Une manière de personnaliser et nationaliser une élection qui a la réputation d’ennuyer les Français. Le PS et le Modem se sont engouffrés dans la brèche appelant au
«vote sanction» contre le Président.
Une stratégie que le PS a finalement dû laisser aux centristes, préférant défendre un «vote utile». Autrement dit, appelant les anti-Sarkozy, de droite comme de gauche, à ne pas se disperser sur les petites listes. Il faut dire que la place d’opposant numéro 1 à Sarkozy est prise par François Bayrou, si l’on en croit les sondages. En sortant son livre-coup de poing, «Abus de pouvoir», à l’orée de la campagne européenne, le leader du Modem a placé la campagne de son parti sous la bannière de l’anti-sarkozysme.
Vote sanction pour seulement un électeur sur 5
Coincé sur sa droite par un Modem virulent, le PS a été rattrapé sur sa gauche par la liste «Europe-Ecologie». Ses deux leaders, Daniel Cohn-Bendit et José Bové, reprochent aux socialistes, au Modem mais aussi à l’UMP, de mener une campagne purement nationale. Ils préfèrent, eux, ramener la campagne sur des thématiques purement européennes. «Sarkozy a bien joué en ramenant tout sur sa personne», a ainsi fustigé José Bové samedi à Strasbourg, estimant que le PS a «kidnappé la campagne» en appelant au vote-sanction.
Le changement de cap du Parti socialiste peut aussi s’expliquer par les sondages, qui assurent que les Français ne se détermineront pas sur des enjeux nationaux mais bien sur les vraies questions européennes.
D’après une étude d’opinion publiée le 12 mai sur nouvelobs.com, 61% des Français affirment qu’ils se prononceront avant tout sur des enjeux européens. Seul un électeur sur 5 se dit tenté par le vote sanction.
Le PS tente de rattraper le coup
Martine Aubry a donc fait machine arrière toute ce week-end, en laissant tomber les expressions «vote sanction» et «vote utile» pour choisir un tout nouveau slogan: le «vote efficace». Forcément, on s’y perd un peu. Pour éclaircir un peu sa nouvelle stratégie, la première secrétaire du PS se pose avec force comme «la proposante numéro 1». Une manière de renvoyer dans ses cordes François Bayrou, devenu, si l’on en croit les sondages, l’opposant numéro 1 de Sarkozy.
Les ténors du PS tentent de rattraper ce tâtonnement dans la stratégie du parti en expliquant que le cheminement est logique. «Le PS, dès le départ avait décidé d'une campagne en deux temps. Première phase: l'installation de la campagne avec une vaste opposition» à la politique du gouvernement, et «deuxième temps: le volet propositions», explique Claude Bartolone à l'AFP.
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