«En complément des aides nationales, qui sont importantes en France, l'Union soutient depuis 1991 son industrie audiovisuelle par le programme Media», explique Olivier Amiel, auteur du livre «Le financement public du cinéma dans l'UE».
Ce programme concerne les 27 Etats membres, ainsi que la Norvège, la Croatie, le Liechtenstein, la Suisse et l'Islande. Parmi les films qui ont été subventionnés: «Slumdog Millionnaire», «Séraphine», «Entre les murs», «Gomorra», ou encore «Welcome». «La moitié des films européens diffusés en salle est soutenue par Media», explique Nathalie Chesnel, directrice de Media Desk France, le bureau de contact en France.
Le budget pour 2007-2013 s'élève à 755 millions d'euros, dépensés dans quatre principaux domaines.
La production (environ 20%). Il s'agit d'aider à financer les dépenses avant le tournage (recherche de partenaires, casting, scénario, droits d'auteur, etc.). Le projet doit avoir une dimension européenne (un sujet qui intéresse au-delà des frontières nationales ou une co-production avec un autre pays par exemple).
La distribution (environ 55%). Pour faciliter la circulation des œuvres, l'UE subventionne les distributeurs pour que figurent dans leurs catalogues des films non-nationaux. Media soutient aussi «Europe cinéma», un réseau international de salles qui promeuvent le cinéma européen.
La promotion. Des festivals sont également aidés, par exemple le Festival international du film de La Rochelle ou encore le Festival du cinéma européen en Essonne.
La formation. L'UE subventionne enfin des écoles de cinéma et des organismes de formation.
«Ces aides publiques protègent bien notre diversité culturelle», estime Olivier Amiel. Il regrette toutefois qu'elles soient encore trop souvent réservées aux Européens. «Pour une vraie diversité culturelle, il faudrait protéger toutes les expressions artistiques, notamment celles des pays qui n'ont pas les moyens de le faire.»
Vidéo de promotion du programme Media (2007), issue de films subventionnés par Media.