SANTE - Le traitement anti-obésité, en provoquant des diarrhées, risque de diminuer l'efficacité de la contraception orale...
Attendue, elle l'était, fut-ce au tournant. Moins de deux semaines après sa mise en vente en France,
la pilule anti-obésité Alli continue de diviser et d'alimenter les
polémiques. Dernière en date: le médicament risquerait de
réduire l'efficacité d'une autre pilule, contraceptive celle-là.
L'Afssaps avait prévenu
Un effet pour le moins fâcheux, d'autant que le traitement est conseillé pour une durée de six mois, et qu'il est déconseillé aux femmes enceintes. Mais
pas une surprise, puisque la
notice de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) contenait d'emblée un avertissement explicite.
Cet effet indésirable découle en fait directement d'un autre, nettement plus connu: les fameuses «
diarrhées grasses». Or, «en cas de diarrhées sévères, afin de prévenir l’échec possible de la contraception orale, l’utilisation d’une méthode de contraception complémentaire est recommandée», avait prévenu l'Afssaps.
Une étude clinique menée sur 20 femmes
Sur le site américain dédié au traitement, cependant, on peut lire une toute autre version. «
Alli n'a pas d'impact sur l'efficacité de votre pilule contraceptive», y est-il indiqué en toutes lettres. Le laboratoire GlaxoSmithKline affirme s'appuyer sur des «essais cliniques» menés sur pas moins de «20 femmes», de «poids normal», qui plus est, et pendant une durée de «23 jours».
Voilà qui semble avoir suffi à rassurer nos voisines européennes. En Belgique, les pharmacies étaient déjà en
rupture de stocks vendredi, quelques heures seulement après la mise en vente du produit.
Julien Ménielle