Personne ne l'avait encore vu sous sa douche vanter les mérites d'un rasoir, que Canto se faisait déjà remarquer par les caméras. En assassinant Der Zakarian sous le maillot d’Auxerre, mais aussi du côté de l'OM avec cette gueulante contre Henri Michel, le sélectionneur de l’équipe de France, rebaptisé en août 2008 «Sac à merde». Canto, le footballeur pagnolesque. A noter la référence cinématographique à Mickey Rourke. Déjà.
Coup après coup (notamment sur un arbitre qui se prend un ballon), son image de mauvais garçon s'installe. Les cinéastes sauront se l'approprier. Notamment Etienne Chatillez en 1995 qui lui offre son premier rôle au cinéma en 1995 dans «Le Bonheur est dans le pré». Avant d’avoir purgé son année d'exclusion de l'équipe nationale à la suite de ses déclas sur Michel, Canto refait la une des journaux en janvier 1989 en jetant son maillot de l'OM. Canto, le sens inné de la dramaturgie (et de la sortie).
Bien avant Mookie (1998 où il tient la répartie à un singe) et cette scène de boxe pas forcément restée dans les annales, c’est sur le terrain que Canto laisse des marques. Notamment sur le visage de ce supporter de Crystal Palace le 25 janvier 1995. Canto version Jackie Chan.
Un geste qui l'oblige à s’expliquer devant les caméras. Canto avale une gorgée d’eau et lance «Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer». Canto, le Godard à crampons.
Certains lui en veulent. Pas tous les autres. A Leeds, Cantona avait déjà conquis le coeur des fans avec cette phrase «I don’t know why but I love you» digne d’un bon Lelouche et prononcée au micro du stade. A Manchester, sa popularité atteint des sommets. Les fans s’égosillent vont jusqu’à chanter la Marseillaise. Surtout lorsqu’il marque des pions comme celui-ci en prolongation de la finale de la Cup face à Liverpool en 1996 ou encore celui-là sublime face à Sunderland. Des actions prolongées par un regard noir et un col de maillot magistralement relevé. Cantona du côté de Moricone.
Sur les plateaux de télé, Canto s’en donne à coeur joie comme ici en 2001 dans l'émission Côté tribune. Le Pape, les journalistes, tout le monde y passe.