INTERNET - La Commission nationale de l'informatique et des libertés publie ce mercredi un rapport loin d'être encourageant...
En dehors des associations de consommateurs et de la prudence qu'il incombe à chacun d'avoir avec l'outil Internet, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) est peut-être le seul rempart entre l'informatique et le respect de la vie privée. Accessible en ligne et téléchargeable depuis ce mercredi matin, le 29e rapport annuel de la Cnil compte près de 4.244 plaintes d'internautes ou de personnes fichées ou exposées sur la toile contre leur gré.
Un quart des plaintes reçues en 2008 concerne le secteur banque-crédit. Il s'agit en général de clients contestant leur inscription au fichier des incidents de remboursement de crédit. Un autre quart vise le secteur commercial, dont beaucoup de demandes de résiliation des newsletters. La Cnil a notamment infligé une amende de 30.000 euros au cybermarchand cdiscount pour «avoir abusé des courriels publicitaires». Pour 15% d'entre elles, enfin, les plaintes touchent au monde du travail. Les employés qui font appel à la Cnil dénoncent pour la plupart la mise en place de dispositifs de contrôle. Que ce soit par le biais des caméras ou par la surveillance de leurs boîtes mail.
25% d'augmentation pour l'activité contentieuse
Conséquence: l'activité contentieuse de la commission, dotée d'un pouvoir de sanction, s'est accrue de 25% en 2008. «Depuis 2006, le nombre d'affaires évoquées devant la formation contentieuse a quasiment doublé», relève le rapport de la Cnil.
Avec un effectif de seulement 132 personnes, la Cnil sévit rarement mais a valeur d'exemple. Le centre automobile d'une grande surface des Yvelines a par exemple écopé de 30.000 euros d'amende pour avoir assorti son fichier client de «commentaires excessifs». Les accusations de malhonnêteté («Attention ne plus intervenir sur le véhicule, client de mauvaise foi problème crédit») y côtoyaient des informations relatives à la vie privé («Mari avocat maître chanteur»).
«A l'air d'être un gros facho»
Dans son dossier de presse, la Cnil publie à cet égard le «worst off» (le pire du pire) en la matière. Des notes pas toujours avisées ni sympathiques laissées par des employés ou des fonctionnaires dans les «zones commentaires» des fichiers de clients ou d'administrés. La Cnil rappelle à ce titre que «les personnes concernées peuvent y avoir accès à tout moment grâce à la loi informatique et libertés».
Petit florilège: «Attention le monsieur est policier», «a l'air un peu chiant, du genre Mr "réponse a tout"!!», «pas top frôle le bouletisme!!!», «petit accent rebeu», «gros baratineur qui n'y connaît absolument rien en info!!!!!», «a l'air d'être un gros facho», «client dangereux pour emmerdes a refuser», «se fout du monde», «fils incarcéré a la prison de perpignan depuis nov 07 pour 2 ans», «un pirate ou un chieur».
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