« On n'a pas fait grève pendant deux mois pour se coucher maintenant
sans avoir rien obtenu ! ». Cette étudiante en première année de psychologie à l'université du Mirail est prête à « sacrifier » son année pour la cause. Hier, comme la grande majorité des 2 000 étudiants réunis dans un amphi surchauffé, elle a voté la poursuite de la grève et du blocage du campus.
A main levée, ces « jusqu'au-boutistes » ont donc écarté la proposition faite la veille par leur président, Daniel Filâtre, d'organiser une session d'examens pendant la dernière quinzaine de juin. Quitte à multiplier les cours électroniques et photocopies. « Ce serait de toute façon une mascarade. Tous les étudiants n'ont pas un accès égal à Internet », tranche un porte-parole étudiant. Les élèves ne sont d'ailleurs pas les seuls à tenir la ligne dure. Deux heures avant eux, l'AG des enseignants et des personnels administratifs a elle aussi voté le maintien des piquets de grève. Elle juge « matériellement impossible et pédagogiquement inacceptable d'organiser une quelconque semaine d'examens avant l'été ».
« Nous étudions des solutions alternatives, qui permettraient de neutraliser le semestre tout en validant les diplômes. On pourrait par exemple réunir des jurys qui se prononceraient sur dossier », indique une professeur d'anglais. Mais, pour l'instant, Daniel Filâtre reste sur sa position. « Le déblocage ne peut être que politique, estime-t-il, et aucun mouvement de grève ne vaut que l'on saborde l'université ». Au cas où il aurait l'idée d'organiser des examens « délocalisés », 120 étudiants ont envahi le Capitole dans l'après-midi, pour tenter d'arracher à la mairie la promesse de ne pas louer de salles à l'université... W