Neuf mois de prison avec sursis assortis de l'annulation pure et simple
de son permis de conduire. C'est la sanction infligée hier par le tribunal correctionnel de Toulouse à Guy Courtinade, le chauffeur scolaire arrêté jeudi matin en état d'ivresse avec une vingtaine d'élèves à son bord. Son taux d'alcoolémie était cinq fois plus élevé que le seuil autorisé. Il zigzaguait avachi sur le volant. Après trois jours de détention provisoire, l'homme de 58 ans est apparu un peu perdu dans le box.
« Vous avez avoué être alcoolique depuis vingt ans. Un élève a même raconté que vous vous arrêtiez trois fois par semaine en pleine tournée pour acheter une bouteille de vin dans une épicerie et on en a même retrouvé une entamée », a résumé le président du tribunal. L'ex-maçon, marié et grand-père, a confirmé. « Des détails qui font froid dans le dos. C'est scandaleux ! », s'est indignée la représentante du parquet, avant de requérir six mois de prison dont cinq avec sursis.
« Personne ne l'a vu boire dans le bus. C'est un homme alcoolique dont l'épouse camoufle les bouteilles et qui profite de ses seules plages de liberté pour en acheter », a plaidé Bertrand Garrigues l'avocat du prévenu. Faisant allusion à l'employeur, qui était au courant des excès d'alcool de son chauffeur, il a mis en garde le tribunal contre « la condamnation médiatique d'un lampiste ». Et si le chauffeur n'a plus d'emploi depuis samedi, il a quand même évité la prison. « La prochaine fois que vous irez à l'épicerie, ce sera en vélo ou en Solex », lui a sévèrement lancé le président avant sa libération. W