SANTE - Le chef de l'Etat va reprendre une proposition du rapport Marescaux, qu'il vient de recevoir...
Le
directeur d'hôpital ne va «pas devenir un despote absolu». Nicolas Sarkozy l'a assuré ce lundi, en recevant des mains de Jacques Marescaux un
rapport sur les Centres hospitaliers universitaires (CHU). Rapport dont le gouvernement va reprendre une proposition, prévoyant la mise en place d'un directoire collégial à la tête dans ces établissements.
Une solution qui «préserve l'efficacité sans blesser personne et qui donne des assurances»
«Personne n'a dit que l'hôpital allait devenir une entreprise. On en est loin, c'est dans l'idée de personne», a promis le chef de l'Etat. Un message à l'adresse des médecins qui s'inquiétaient de
voir la «rentabilité» prendre le pas sur la santé, et s'émouvaient de «
la suprématie du directeur» au point de
descendre dans la rue fin avril. Alors que la loi Bachelot doit être examinée à partir de mardi au Sénat, un amendement au texte sera donc proposé afin de mettre en place un triumvirat médecin-enseignant-chercheur autour du directeur général.
En plus de ces trois vice-présidents, «les autres membres médicaux du directoire seront nommés par le directeur sur proposition du doyen et du président de la CME (commission médicale d'établissement, ndlr)», a précisé Nicolas Sarkozy. Une solution qui, selon lui, «préserve l'efficacité sans blesser personne et qui donne des assurances».
Une discussion qui s'annonce laborieuse
Autre proposition du rapport Marescaux soumise au Sénat sous forme d'amendement: la nomination des directeurs généraux des CHU en conseil des ministres. Ce qui permettra notamment d'associer le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche à la décision, actuellement prise par le seul ministère de la Santé. Une façon de «réaffirmer et renforcer la dimension hospitalière et universitaire de la gouvernance des CHU», a assuré Nicolas Sarkozy, comme Jacques Marescaux avant lui.
Ces amendements gouvernementaux viendront s'ajouter aux 1.163 déjà déposés par
les sénateurs. Plus d'une centaine devraient être déclarés irrecevables mais la discussion du
texte, très contesté par la communauté médicale et soignante, s'annonce laborieuse. L'opposition PS et PCF a également déposé trois motions de procédure pour tenter notamment de renvoyer le texte en commission ou le déclarer irrecevable. Elles seront examinées après la discussion générale mardi.
Julien Ménielle