SANTE - Ils seront 500.000, suivis pendant cinq ans afin d'affiner les connaissances sur les liens entre nutrition et santé...
Une «cohorte» de 500.000 internautes. Il ne s'agit pas de la dernière manifestation anti-
Hadopi, mais des volontaires invités à participer à une
vaste étude scientifique sur les comportements alimentaires des Français. L'objectif de l'opération, lancée ce lundi par Roselyne Bachelot, est de suivre ces «nutrinautes» pendant cinq ans, afin de mieux comprendre les liens entre nutrition et santé, et d'analyser les facteurs qui déterminent les comportements alimentaires dans la population.
Hypertension artérielle,
maladies cardio-vasculaires,
cancers ou
diabète, nombreuses sont les pathologies pour lesquelles «les déséquilibres nutritionnels représentent l'un des principaux facteurs», a expliqué la ministre de la Santé.
Entre sens civique et pari ludique
Le programme
NutriNet Santé va tirer «judicieusement parti des possibilités inédites de communication que nous offre Internet», s'est enthousiasmée Roselyne Bachelot. Les volontaires, tous majeurs, seront donc recrutés sur des sites comme
meetic.fr ou encore
doctissimo.fr, grâce à une campagne nationale, qui visera également les boulangeries, la Poste ou les municipalités, selon le promoteur du projet, Serge Hercberg, président du comité de pilotage du Programme national nutrition santé (PNNS).
La participation est bien évidemment bénévole, et l'accent est mis sur le «sens civique» pour
mobiliser les bonnes volontés. Avec la promesse de devenir le «véritable acteur d’un grand programme de recherche dont les retombées seront utiles pour vous et pour les générations futures». Une bonne action, mais aussi une source inépuisable de joie, avec «tout un tas de jeux, d’animations dans le domaine de la nutrition et de la santé» et la possibilité de «partager vos passions et hobbies avec d’autres nutrinautes».
Des questionnaires à actualiser tous les ans
Sur le site créé pour l'occasion, les participants devront répondre chaque année à cinq questionnaires, requérant au total deux heures de temps. Ils comporteront des questions sur le mode de vie, la santé, le poids et la taille, l'activité physique et les habitudes alimentaires avec la description de «trois journées alimentaires». Ce kit de base est à renseigner chaque année, avec d’autres éventuels questionnaires complémentaires proposés par email, prenant une vingtaine de minutes chacun.
D'un coût d'environ un million d'euros par an, l'étude est financée par le ministère de la Santé et la
Fondation pour la recherche médicale. Ses résultats seront publiés «très régulièrement», selon Serge Hercberg, les premières données étant attendues au bout de 6 mois.
Julien Ménielle