EMPLOI - C'est ce que propose à neuf de ses salariés le PDG d'une entreprise castraise, tout en accusant la loi d'être stupide...
Un reclassement professionnel à l'étranger, ça peut être tentant. En Inde, pourquoi pas. Mais quand c'est pour un salaire de 69 euros mensuels, ça fait moins rêver. C'est pourtant ce que se sont vus proposer neuf salariés, licenciés par la société
Carreman, à
Castres. Pour sa défense, le PDG de l'entreprise de textile a dénoncé la «stupidité de la loi».
«C'est la loi française qui nous oblige à faire par écrit une proposition de reclassement si on dispose d'autres sites, même si c'est en Papouasie ou au Bengladesh. Je suis conscient que c'est stupide, mais c'est la stupidité de la loi», s'est justifié François Morel dans «La Dépêche du Midi». Du côté de l'union locale CGT, on voit dans cette pratique une façon de «dissimuler des licenciements secs».
Travailler loin pour gagner moins
La société, également implantée en Ariège, et en Roumanie, licencie au total 19 de ses 90 employés à Castres, son siège social. Le député de Castres Philippe Folliot (Nouveau Centre) cité par le quotidien, a estimé qu'il «est important de faire modifier les textes» sur les reclassements. «A la notion d'emploi équivalent, il faut rajouter la notion de salaire équivalent», a-t-il précisé, en promettant qu'il proposerait un amendement dans ce sens.
Les propositions de reclassement dans des pays à bas coût de main d'oeuvre se sont multipliées ces dernières années. Dernier en date, l'équipementier automobile rennais La Barre Thomas (ex-CF Gomma), qui a proposé en avril à des techniciens des
reclassements en Pologne pour environ 700 euros brut par mois. De son côté, l'ANPE avait créé la polémique en 2008, en publiant une
offre d'emploi d'informaticien «low cost» basé à Pondichéry en Inde pour 160 à 320 euros par mois.
J.M. avec agence