Le vaccin contre la grippe A (H1N1) devrait être disponible cet automne
Créé le 07.05.09 à 16h26
Mis à jour le 07.05.09 à 16h29
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SANTE - Quand, combien, pour qui? Le point sur la production attendue...
Le pic épidémique de la grippe A (H1N1) est à peine passé qu'on nous annonce déjà son
retour à l'automne prochain. Pour éviter la zizanie de mesures de précautions tous azimuts et pour échapper à la pandémie, les espoirs reposent sur la vaccination. Sera-t-on prêt? 20minutes.fr fait le point.
Quand faudra-t-il vacciner pour protéger la population?
Dans le doute, le plus tôt possible. Une éventuelle reprise de l'épidémie est annoncée pour cet automne, mais bien malin qui pourra dire à quelle date. «La crainte, c'est qu'une épidémie redémarre très tôt après l'été. Il faudra anticiper, et ne pas stocker les vaccins. Dès qu'ils seront prêts, il faudra débuter les campagnes», explique à 20minutes.fr le professeur Bruno Lina, directeur du centre national de référence de la grippe pour le sud de la France.
Les doses de vaccins seront-elles prêtes dans les temps?
A priori, oui. La souche du virus est disponible, donc on sait fabriquer le vaccin. Reste à la produire en quantités suffisantes. Sauf accident, les laboratoires sont en mesure de tenir le calendrier. Bruno Lina, lui, estime qu'«on peut raisonnablement penser que les doses seront disponibles en septembre». Début mai, le laboratoire Sanofi Pasteur annonçait aussi
un vaccin dans un délais de quatre mois.
De combien de doses peut-on espérer disposer?
Tout dépend de la technique de fabrication utilisée. «Nous pouvons produire 400 millions de vaccins trivalents», explique Bruno Lina. C'est-à-dire des doses contenant trois souches différentes, comme pour les habituels vaccins contre la grippe saisonnière. Cependant, si on choisit de réaliser un vaccin spécifique, avec la seule souche A (H1N1) actuelle, on peut produire trois fois plus, soit 1,2 milliard. «On peut aussi envisager de diminuer la dose vaccinale, tout en restant efficace, poursuit-il, ce qui porterait le total à environ deux milliards de doses.»
Y aura-t-il assez de doses?
C'est là que ça se gâte. «La demande est mondiale, et la capacité de production limitée», prévient Bruno Lina. La France, comme de nombreux autres pays, s'est positionnée pour acheter des doses. Mais il faudra tenir compte de l'évolution d'une éventuelle épidémie. «Si elle se produit et que certains pays sont très touchés, il ne faudra pas laisser les pays riches écouler les stocks pendant qu'on meurt dans les pays pauvres», anticipe Bruno Lina. Le problème est que l'OMS n'a aucun pouvoir de réquisition. Il restera aussi à définir les groupes prioritaires. Bruno Lina cite «les personnels indispensables au bon fonctionnement de l'Etat, et les enfants, qui jouent un rôle dans la dynamique de l'épidémie».
Le virus peut-il muter avant que tout ne soit prêt?
Impossible de savoir si le virus mutera, mais il y a des raisons de penser qu'il ne le fera pas. D'abord parce qu'on sait, depuis que
les Canadiens ont séquencé plusieurs souches du virus, qu'il n'y a qu'un seul et unique virus. Ensuite parce qu'il s'agit d'un nouveau virus, et que, par conséquent, «personne n'a encore développé d'anticorps», explique Bruno Lina. Le virus n'a donc pas de raison de chercher à se modifier pour échapper aux anticorps. Donc peu de risque de mutation pour le moment, précise le professeur, mais peut-être plus tard, «une fois que le virus aura fait le tour de la Terre». A chaque jour suffit sa peine, nous n'en sommes pas là.
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