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L'affaire Bédier devant la Cour de cassation

Pierre Bédier joue gros. La chambre criminelle de la Cour de cassation

Pierre Bédier joue gros. La chambre criminelle de la Cour de cassation

a examiné hier son pourvoi qui, s'il était rejeté, lui coûterait sa place de président (UMP) des Yvelines. Il avait été condamné le 16 mai 2008 par la cour d'appel de Paris à dix-huit mois de prison avec sursis et à six ans d'inéligibilité pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux.

Quand il était maire de Mantes-la-Jolie (1995-2005), il aurait touché de l'argent liquide de la part de Michel Delfau, patron de l'entreprise de nettoyage Ainett, en échange de l'attribution de marchés publics. Hier, son avocat, Me Didier Bouthors, s'est acharné à démontrer que le procès n'était pas « équitable ». Car celle qui a dénoncé les faits, Mme Delfau, était « une femme bafouée » par « les largesses de son mari » qui amenait ses maîtresses, notamment Melle D., « jusqu'au lit conjugal ». Or, selon l'avocat, Mme Delfau et Melle D. étaient les premières à profiter des abus de biens sociaux de Michel Delfau. Elles auraient donc dû être poursuivies et pas seulement entendues comme témoins assistés. « Leurs déclarations n'auraient pas eu le même poids. » L'avocate générale a conclu au rejet du pourvoi. L'arrêt sera rendu le 20 mai. La défense de Pierre Bédier a laissé entendre qu'en cas de condamnation, il déposerait un recours - non suspensif de la peine - auprès de la Cour européenne des droits de l'homme. W

Alexandre Sulzer

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