Alex Barclay: «Décrire pendant des pages la couleur des draps ne m'intéresse pas»

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Publié le 6 mai 2009.

INTERVIEW - Alex Barclay, auteure de polars...

Sa réputation la précède. On la dit à la fois «reine du crime» et écrivaine de best-sellers («DarkHouse» et «Last Call»). Alex Barclay a 34 ans et est irlandaise. Le temps où elle travaillait au Planet Hollywood de Paris? Cela lui paraît loin. Depuis, elle s’est installée à côté de Dublin, pour écrire. Elle vient de sortir son troisième polar, «Froid comme le sang» (éd. Michel Lafon), l’histoire d’une agent du FBI qui enquête sur la mort d’une de ses collègues.

Dans vos deux précédents ouvrages, c’était un homme le personnage principal. Cette fois, dans «Froid comme le sang», c’est une femme...
J’adore écrire par le biais de mecs. Ils sont exactement ce qu’ils pensent. Leur langage est direct, ce qui colle bien avec le rythme d’un polar. Mais cette fois, j’ai voulu créer une héroïne, Ren Bryce, agent du FBI incontrôlable. Son fonctionnement est compliquée à retranscrire dans l’écriture car, comme beaucoup de femmes, elle attend de l’autre qu’il la comprenne sans rien dire. Et se fâche si l’autre ne capte pas. Même si elle n’a rien dit pour lui expliquer.

Pourquoi ne faites-vous que très peu de descriptions dans vos livres?
Il n’y a pas beaucoup de détails car, dans un polar, il faut que ça roule, que ça avance. Je fais confiance aux lecteurs pour qu’ils remplissent les vides que je laisse. Décrire pendant des pages la couleur des draps ne m’intéresse pas. Alors que savoir qui est le tueur, si...

Vous avez pu suivre des équipes du FBI pour préparer votre livre. Comment avez-vous fait pour qu’ils acceptent que vous rentriez au sein d'un des secrets les mieux gardés des Etats-Unis?
Je ne sais toujours pas pourquoi ils ont dit oui, alors que c’était la première fois qu’ils ouvraient la porte du bâtiment fédéral, à Denver, à un auteur. C’était une immersion dans un mythe: quand il y a un braquage, le FBI se doit d’être le sauveur.

Comment les agents du FBI sont dans la réalité?

Ils sont ce que les Américains veulent qu’ils soient. Ils travaillent dans l’urgence, et tant que j’étais là, ils étaient sans doute moins relâchés que s’ils ne s’étaient pas sentis observés.

Quelles questions leur avez-vous posé?
Je voulais avoir des précisions pour mon intrigue. Par exemple savoir quel genre de crimes est le plus fréquemment commis, ou à combien d’agents ils sortent s’il y a un vol dans la rue, ou ce qu’ils font si l’un de leurs agents est tué, comme c’est le cas dans mon livre. Le FBI ne se déplace pas pour tout. Si c’est un meurtre dans la rue, c’est la police fédérale. Mais si c’est un meurtre qui implique un fugitif, là, c’est le FBI qui s’y colle.

Quelles limites vous ont-ils fixé?
Je n’ai pas pu assister aux interrogatoires. Mais j’ai pu rencontrer l’un des médecins légistes et lire ses rapports. Cela m’a fait pleurer. J’étais tellement dans mon monde fictif, que là, le contact avec la réalité a été rude.
Recueilli par Alice Antheaume
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