Définitivement évacuée. La thèse d'une explosion de gaz à l'origine de la catastrophe de l'usine AZF a été battue en brèche hier par l'expert judiciaire Alain Hodin. Désignée depuis le début de l'enquête sous le nom scientifique d'UVCE (explosion de vapeur en milieu non-confiné), cette piste a même fait l'objet d'un livre et a reçu le soutien de certains anciens salariés du site.
Mais la conclusion du spécialiste en risque industriel est sans appel : « Il ne peut pas y avoir d'UVCE à l'origine de l'explosion du site AZF. » Une fuite de gaz à la SNPE avait été un temps envisagée pour justifier cette thèse. Après avoir passé au crible les conduites, les conditions météo ou encore les divers gaz présents aux alentours, Alain Hodin a tranché, suivi par la défense. « L'UVCE n'est pas un phénomène auquel la commission d'enquête interne a cru », a rappelé Daniel Soulez-Larivière, l'un des avocats de la société Grande-Paroisse.
Missionné par le juge d'instruction pour expliquer scientifiquement certains témoignages évoquant, par exemple, des phénomènes lumineux, l'expert a admis ne pas pouvoir donner de réponse sur certains d'entre eux. « Quand vous avez plusieurs témoins qui vous font des dessins de panache dont ils vous donnent la couleur, la forme... Je n'ai pas d'explication physique à donner. Certains nous relatent des faits incompréhensibles... Je pense que l'on ne pourra pas expliquer la totalité des témoignages », a-t-il reconnu, précisant qu'il fallait aussi, dans certains cas, prendre en compte des facteurs psychologiques. W