Dans sa lutte contre les voitures au centre-ville, Roland Ries ne change pas de créneau. Il passe même à la vitesse supérieure. Le maire (PS) a annoncé hier le lancement d'une concertation sur une extension du stationnement payant. Elle concerne le nord de l'avenue des Vosges, le boulevard de Lyon, ainsi que les secteurs de l'Hôpital civil et du Palais universitaire. Objectif affiché : greffer, d'ici à la fin 2010, entre 4 000 et 5 000 nouvelles places payantes aux 7 800 déjà existantes.
« L'offre de stationnement a un rôle stratégique dans le choix des transports », explique Roland Ries. S'inspirant du modèle helvète, pour encourager les gens à recourir davantage aux transports collectifs, l'élu pense que les places au centre-ville doivent être rares et payantes, voire « chères ». Il estime aussi que le stationnement des résidents et la rotation des automobiles doivent être privilégiés. Déclarant la guerre aux « voitures ventouses », soit celles garées au même endroit du matin jusqu'au soir, il veut aussi « inciter à l'utilisation des parkings en ouvrage plus qu'à celle de la voirie ». Aussi, il réfléchit à une nouvelle tarification plus adaptée, en bref à une hausse du prix des horodateurs.
A l'Automobile club, qui participera à la concertation, on estime au contraire que pour encourager à la rotation des véhicules, « plutôt que d'imposer une taxe supplémentaire aux automobilistes, la solution la plus simple est d'étendre les zones bleues ». Rares à Strasbourg, elles offrent un stationnement gratuit mais limité dans le temps, grâce à des disques horaires. « La difficulté de ces zones réside dans leur contrôle, mais on ne s'interdit pas d'en créer de nouvelles », précise Olivier Bitz, adjoint au maire en charge de la circulation. La concertation autour de l'extension du stationnement payant donnera lieu à des séances de conseils de quartier dès ce mois-ci et à des réunions publiques en juin. Elle devrait être soumise à la délibération des conseillers municipaux en novembre. W