« Je » n'est pas un autre, c'est lui, forcément lui. Lors d'un discours hier soir à Nîmes sur l'Europe (discours qui tombait à la veille de ses deux ans de présidence), Nicolas Sarkozy a évoqué son bilan et son action en France pour mettre en perspective les enjeux des élections européennes. Il est clair que le chef de l'Etat français veut imposer la même rupture qu'il avait martelée durant la campagne présidentielle. C'est pour cette raison qu'il s'implique dans les débats, alors qu'il était resté en retrait pour les municipales l'an dernier. « Quand l'Europe veut, elle peut », c'est le message que veut faire passer Nicolas Sarkozy. Et cette volonté politique, essentielle pour redonner de la vigueur au destin collectif européen, s'incarne selon lui dans la manière dont il a conduit la présidence de l'Union européenne, à travers la gestion de la crise en Géorgie, la crise financière... Pour le Président, il faut désormais regarder l'Europe différemment : « Longtemps, nous ne l'avons pas assez prise au sérieux. Et il faut débattre de la politique budgétaire, de la concurrence, des négociations commerciales. Les débats sont utiles et nécessaires. Il faut accepter de bousculer les habitudes, d'exprimer une conviction, de convaincre... » Et justement, lui voudrait bien revenir sur certaines règles comme celle de l'unanimité pour baisser la TVA sur les disques, par exemple. Plus concrètement, Nicolas Sarkozy a répété son hostilité à la poursuite de l'élargissement, c'est-à-dire un non à la Turquie, et a affirmé son souhait d'une gouvernance économique et d'une politique industrielle communes. Il en a même profité pour ressortir sa marotte d'une taxe carbone pour lutter contre la concurrence déloyale de ceux qui ne jouent pas le jeu de la protection de l'environnement. Et en cette période de crise et de remise en cause du système capitaliste et financier, il s'est exprimé pour la mise en place d' « un comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction ». W
D. C.