Six euros les 5 litres de lessive, 75 centimes la vinaigrette ou encore 12 yaourts pour 1,50 euro. Pour parvenir à ces prix, le Jardin du Paradis, magasin de déstockage alimentaire situé à Choisy-le-Roi, vend des produits dont la date limite de consommation (DLC) est proche et dont la date limite d'utilisation optimale (DLUO) est parfois dépassée.
Farida a quatre enfants. Dans son panier, des légumes, des produits laitiers et quelques condiments: «Ce n'est pas la première fois que je viens, mais c'est la première fois que je prends un produit dont la date est dépassée. Pourquoi ne pas essayer?» Son amie Nadia, elle aussi mère de famille, l'accompagne: «Je veux des produits de marque à des prix intéressants, la vie est tellement chère, on ne peut pas acheter ces produits-là dans la grande distribution. Les dates sont courtes, mais pour des yaourts, par exemple, ce n'est pas grave, je sais que les enfants vont les manger très vite.»
«Deux kg de poivrons à 1,20 euro»
Comme elles, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à tester le déstockage alimentaire. Zohra, responsable du magasin, a ressenti les effets de la crise: « Depuis septembre dernier, il y a plus de monde. Certains viennent même de Paris ou d'Antony. D'autres viennent tous les matins acheter les produits qui seront périmés le jour même, vendus à des prix cassés.»
Crée en 1983 comme déstockage alimentaire, le magasin a été racheté en 2006. «J'ai vu l'évolution dans les façons de consommer, explique André Fontaine, l'ancien gérant. Les gens achètent de plus petites quantités et sont plus attirés par les prix discount.» Chaque jour, un camion livre un nouveau stock de produits. La responsable ne sait jamais à l'avance les produits qu'elle trouvera, les clients non plus, mais pour eux ce sont les prix qui comptent: «Regardez, lance Corinne, deux kg de poivrons à 1,20 euro, c'est vraiment intéressant!»