Des consommateurs à la recherche du bon plan et des distributeurs en quête de nouvelles idées. Cette convergence de besoins née directement de la crise pousse paradoxalement à l'innovation, malgré la morosité ambiante et une consommation des ménages qui ralentit (+1,1% en mars). Ainsi, aujourd'hui, c'est Brandalley, le site d'e-commerce spécialisé dans la mode, la beauté et les accessoires, qui se lance pour quatre jours dans une opération «Pay what you want», littéralement «Payez ce que vous voulez».
Un concept lancé par Radiohead
Cette formule, lancée en 2007 par le groupe Radiohead, laisse à chaque internaute le soin de fixer le prix auquel il souhaite acheter le produit. Une idée déjà mise en pratique dans des restaurants pour faire face à la crise de fréquentation. Pour Sven Lung, PDG de Brandalley, il s'agit de reprendre un concept testé en Angleterre. «Les commerçants ont d'ailleurs été très surpris par la réaction des consommateurs qui jouent le jeu du prix juste.» Une opération qui n'étonne pas Pascale Hebel, directrice du département consommation du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc). «C'est une période propice au développement de nouveaux concepts, tout le monde change sa façon d'acheter.» Pas de chiffres précis, mais des tendances claires: chacun cherche à faire des économies, tout d'abord en reportant à plus tard les achats et les investissements importants, puis en multipliant les bons plans pour les produits courants. Les enchères, l'occasion, le «Pay what you want», et certains magasins, notamment ceux spécialisés dans le déstockage alimentaire (lire ici), sont actuellement en pleine expansion. «Ils existaient déjà avant la crise, mais se sont énormément développés depuis qu'elle a débuté, note Pascale Hebel. On voit de plus en plus d'entrepôts se construire aux abords des magasins de grande distribution, qui y revendent leurs surstocks. Tout cela répond à une demande importante notamment sur l'alimentaire.»
A la recherche de prix cassés, les consommateurs attendent les soldes et plébiscitent le discount. «Il y a du low-cost pour beaucoup de choses, y compris pour les bars et les agences immobilières, explique Pascale Hebel. Simplement, dans ces cafés, il y a moins de serveurs et vous allez chercher votre verre. Ou si vous voulez vendre ou louer votre appartement, vous faites la visite vous-même.»