Si les sites d'e-commerce affichent de bons résultats pendant la crise, c'est qu'ils concentrent de nombreux bons plans pour faire des économies: des ventes privées, des sites d'enchères, ou encore de l'occasion. «Il y a une utilisation plus importante d'Internet pendant la crise, note le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc). Il n'y a pas de ralentissement économique sur le Web.»
En effet, les consommateurs plébiscitent les achats sur Internet, notamment les objets d'occasion. «Il n'y a plus de honte, ni de tabou, argumente Esther Ohayon, porte-parole d'eBay. Il y a même une certaine fierté à avoir des objets d'occasion, c'est tendance de faire la chasse aux bonnes affaires.» Chez Priceminister, par exemple, les ventes d'occasion et de déstockage ont ainsi augmenté de 30% au 1er trimestre 2009.
Mais, Internet est aussi souvent utilisé comme un moyen pour comparer les prix, afin de continuer à consommer avec un budget plus limité. «88% des acheteurs font plus de recherches sur les prix avant d'acheter, illustre la porte-parole d'eBay. Ils veulent être sûrs de faire une bonne affaire.» Les internautes sont donc à l'affût des meilleurs prix pour acheter plus malin. «Depuis le début de la crise les consommateurs sont plus à l'écoute des promotions», affirme Sven Lung, PDG de Brandalley. Acheter à moindre coût, oui, mais face à la crise, les internautes cherchent aussi à augmenter leur pouvoir d'achat. Les clients deviennent plus souvent des marchands, comme sur Priceminister. «On est passé, en un an, d'un acheteur sur quatre, qui est aussi vendeur, à un acheteur sur trois. Les gens revendent ce qui n'est pas indispensable», explique Pierre Kosciusko-Morizet, président du groupe. Un phénomène aussi remarqué chez eBay: «Nous sommes passés d'une consommation de possession à une consommation d'usage.»