Pas de sortie de crise après les négociations infructueuses hier entre les syndicats de surveillants pénitentiaires et la Chancellerie. « Ça vole bas », a résumé hier soir un des intervenants, alors que les surveillants « insatisfaits » ont appelé hier soir à la poursuite des « blocages progressifs » de plusieurs prisons entamés lundi. Reçus par le directeur de cabinet de la garde des Sceaux - la ministre n'a assisté qu'à une partie des discussions -, les syndicats ont regretté, comme Jean-François Forget, délégué Ufap-Unsa, un climat « douloureux et tendu », à l'opposé des « avancées majeures » revendiquées par Rachida Dati devant l'Assemblée.
Guillaume Didier, porte-parole du ministère, s'était pourtant félicité d'un « point d'accord » sur l'abrogation des « surveillances spéciales » - une ronde toutes les deux heures - des détenus jugés suicidaires. La ministre de la Justice a fait état d'une refonte des « modalités de contrôle des arrêts maladie », alors que les syndicats dénoncent la suppression des primes par l'administration lorsqu'un surveillant se fait arrêter. Enfin, le principe d'un « moratoire » sur l'application des « règles pénitentiaires européennes », serait maintenu. Problème, ces points ont été promis par la ministre aux syndicats dès le 30 avril. Rien de neuf en somme. Les surveillants réclament une forte augmentation de leurs effectifs pour pallier la surpopulation carcérale. « On ne peut plus continuer à subir plus de 10 000 détenus de trop dans les prisons », a expliqué Jean-François Forget. La mobilisation reprendra donc de plus belle ce matin. W