Des parties de poker, des pique-niques et autres concerts de rock s'organisent çà et là dans les universités bloquées. Mais toujours pas un cours à l'horizon. Au moins une vingtaine d'universités (sur 83) étaient toujours perturbées hier, à des degrés divers, au lendemain de la fin des vacances de printemps. Dans les établissements mobilisés contre les réformes en marche, le scénario se répète inlassablement : les étudiants et/ou les enseignants-chercheurs se réunissent en assemblée générale (AG) et votent la poursuite du blocage, jusqu'à l'AG suivante.
Avec toutefois quelques spécificités. A Paris-IV, les conseils centraux ont validé hier un texte stipulant que si les examens ne peuvent être organisés « dans des conditions qui garantissent la valeur des diplômes » (nombre « raisonnable » d'enseignements délivrés dans le cadre de cours « officiels »), il faudra « neutraliser » le semestre pour les étudiants de licence. Une option rejetée par Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, et par 96 % des étudiants selon un sondage CSA/Le Parisien publié lundi. A Lille-III, toujours bloquée cette semaine, certains enseignants proposent de donner aux élèves une « note politique » de 16/20 pour leur courage dans l'action. Et le président de Bordeaux-III menace de fermer la fac. Selon Olivier Vial de l'UNI, syndicat étudiant de droite, « il est temps d'évacuer les bloqueurs : une trentaine de gugusses d'extrême gauche maximum par fac ! » Selon lui, les présidents hésitent à faire appel aux forces de l'ordre pour déloger les trublions par peur de ne pas se faire réélire, leur mandat étant renouvelable depuis la loi LRU, relative aux libertés et responsabilités des universités.
En tout cas dans les facs, la colère gronde. Selon la Confédération étudiante, « près de 300 000 étudiants » n'ont toujours pas cours, soit 20 % d'entre eux. A Lyon-II, un jeune a même décidé de vendre symboliquement sa carte d'étudiant aux enchères sur eBay. W