POLITIQUE - Le chef de l'Etat a rappelé dans son discours à Nîmes la nécessité d'une Union européenne forte et «exemplaire»...
Nicolas Sarkozy a donné le coup d'envoi de la campagne des élections européennes ce mardi à Nîmes, devant près de 4.000 personnes. L'occasion pour le chef de l'Etat de dresser le bilan du rôle de la France au sein de l'Union européenne. A cinq semaines du scrutin, le Président s'est engagé dans le débat européen dans un discours qu'il voulait «non partisan», mais sur lequel l'UMP compte bien s'appuyer pour donner un peu de souffle à sa campagne. Pour son entrée dans la bataille des européennes, le chef de l'Etat a qualifié ce meeting de «réunion républicaine».
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L'Europe doit être exemplaire
Officiellement, il ne s'agissait pas pour Nicolas Sarkozy de faire campagne pour son camp, mais de prononcer un «discours sur la France et l'Europe». Il a donc mis en valeur les réussites de la récente présidence française pour redorer le blason d'une Union européenne dont il regrette ouvertement la disparition des écrans radar depuis le début de la présidence tchèque. Principal thème de ce discours: la crise économique. Le président a souhaité ce mardi que «l'Europe se dote d'un comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction».
Et Nicolas Sarkozy d'énumérer: «Je veux que l'Europe soit exemplaire sur la régulation financière, sur la réglementation des fonds spéculatifs, sur les paradis fiscaux, sur les rémunérations des dirigeants et des opérateurs financiers, sur le partage de la valeur, parce que si sur ces sujets l'Europe n'est pas capable de donner l'exemple, si elle n'est pas capable de s'exprimer d'une seule voix et d'une voix forte dans les négociations internationales, alors à quoi sert-elle?,» a-t-il lancé.
Non à un élargissement sans fin
Le Président a par ailleurs souhaité la création d'une «centrale européenne d'achat du gaz pour que l'Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs», après plusieurs crises dues à des interruptions de livraisons russes. «Je ne reculerai pas sur la nécessité de conduire une vraie politique de l'énergie qui ne soit pas seulement une politique de la concurrence», a-t-il déclaré. «C'est comme cela que l'Europe peut être véritablement utile. C'est à cela que l'Europe doit servir», a-t-il ajouté sans détailler davantage sa proposition.
Outre la nécessité de s'accorder sur une politique énergétique, Nicolas Sarkozy a souligné son refus de voir la Turquie entrer dans l'UE. L'Europe doit avoir «des frontières», la Turquie n'a pas «vocation» à intégrer l'UE, a-t-il répété. «Pour que l'Europe veuille, il faut qu'elle cesse de se diluer dans un élargissement sans fin», a-t-il assurant, soulignant qu'«il y a des pays comme la Turquie qui partagent avec l'Europe une part de destinée commune, qui ont vocation à construire avec l'Europe une relation privilégiée, qui ont vocation à être associés le plus étroitement possible à l'Europe mais qui n'ont pas vocation à devenir membre de l'Union européenne».
MD (Avec agence)