JUSTICE - L'ancien ministre de la Santé, qui avait bénéficié d'un non-lieu en 2003, était cette fois-ci accusé d'avoir fait pression sur les parents d'une victime en vue d'obtenir le retrait de leur plainte...
Claude Evin a été relaxé, ce mardi, par le tribunal correctionnel de Paris. L'ancien ministre de la Santé était accusé d'avoir indirectement exercé des pressions sur les parents d'une victime pour qu'ils retirent leur plainte devant la Cour de Justice de la République (CJR) dans l'
affaire du sang contaminé et avait été
mis en examen fin septembre 2004 par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy.
Accusé de s'être livré à cette intimidation à la demande de Claude Evin, Jacques Catz, ancien président de l'Association d'aide aux victimes d'accidents médicaux (Aviam), a également été relaxé. Une amende de 4.000 euros avait pourtant été requise contre lui pour «menaces ou actes d'intimidation sur une victime en vue de rétractation de sa plainte».
Claude Evin nie en bloc
«Je n'ai jamais demandé qu'une intimidation soit faite aux fins qu'une plainte soit retirée», avait affirmé l'ancien ministre à l'audience. Celui qui est aujourd'hui avocat et président de la Fédération hospitalière de France (
FHF) avait assuré n'avoir jamais cherché «à biaiser la procédure», d'autant que, selon lui, celle-ci n'aurait pas été interrompue, même si la plainte avait été retirée.
Mis en examen en juin 1999 pour «homicide involontaire», Claude Evin a bénéficié d'un
non-lieu en 2003 dans l'affaire du sang contaminé. Il faisait l'objet d'une plainte des époux Aloncle, dont la fille Catherine est morte en 1991 d'une complication du sida survenue à la suite d'une transfusion faite en 1984.
Pression et chantage à l'indemnisation des victimes
Les plaignants reprochaient au ministre de ne pas avoir organisé, entre 1989 et 1991, le rappel des personnes transfusées avant le 1er août 1985, date d'entrée en vigueur du dépistage systématique du sida dans les dons du sang. Madeleine Aloncle, ancienne présidente régionale de l'Aviam des Pays de la Loire, avait par ailleurs raconté que Jacques Catz avait fait pression sur elle à cette époque.
Au cours de plusieurs conversations téléphoniques, dont une a été enregistrée, il lui aurait fait craindre d'être responsable de l'échec de la promulgation d'une future loi sur l'indemnisation des victimes d'aléas thérapeutiques si elle et son mari ne retiraient pas leur plainte pour homicide involontaire. Pour la faire adopter, Claude Evin devait en effet redevenir ministre de la Santé, ce qui n'était pas envisageable avec ce risque de condamnation.
J.M. avec agence