La crise les a remis sur le devant de la scène. Les syndicats ont-ils pour autant bonne presse auprès des Français ? C'est ce qu'ont voulu savoir 20 Minutes et France Info, grâce à un sondage réalisé par l'institut Obea- Infraforces. Premier constat : 60 % de nos concitoyens auraient une bonne image des syndicats. Le climat économique morose et les tensions sociales contribuent par ailleurs à les revaloriser car, pour 80 % des sondés, leur rôle apparaît comme encore plus nécessaire en temps de crise.
Cela dit, l'efficacité des syndicats fait débat, car 54 % des sondés estiment qu'ils ne font pas le poids contre le gouvernement et 44 % pensent qu'ils ne sont pas capables d'instaurer un dialogue avec les chefs d'entreprise. « Ces résultats prouvent que les Français perçoivent bien les difficultés des syndicats face à la crise, car ils ont peu de marge de manoeuvre pour négocier avec le patronat et les politiques », commente René Mouriaux, politologue spécialiste du syndicalisme. Plus inquiétant encore : 63,2 % des personnes interrogées estiment qu'ils sont en perte de vitesse. Peut-être en raison du très faible taux de syndicalisation des Français (8 %), le plus bas d'Europe ?
Les syndicats souffrent aussi d'un manque de légitimité. Une majorité des sondés s'accorde en effet à dire qu'ils ne sont pas suffisamment représentatifs pour négocier, que ce soit avec le patronat ou avec le gouvernement.
Concernant les organisations qui leur semblent les plus actives face à la crise, les Français citent sans surprise celles figurant dans le trio de tête des scrutins au niveau national. « Le fait que la CGT arrive en premier n'est pas étonnant, car c'est le premier syndicat de l'histoire française. Par ailleurs, la prime est donnée aux syndicats confédérés [qui regroupent leurs adhérents par branches professionnelles] et à ceux adoptant le discours le plus revendicatif, tel que FO. A contrario, la CFDT, qui a des positions plus modérées, n'arrive qu'en troisième position », explique René Mouriaux. Enfin, une majorité de Français soutient l'idée qu'un 1er Mai unitaire est un moyen d'action plus fort. W
Delphine Bancaud