SOCIAL - De l'avis de tous, ce 1er Mai est «historique». C'est la première fois que tous les syndicats manifestent ensemble. Ils espèrent une mobilisation record...
Les syndicats, qui
défilent pour la première fois ensemble un 1er Mai, espèrent apporter une nouvelle preuve du retour en force du mouvement social, sur fond de crise économique. Les manifestations (plus de 280 dans tout le pays selon les organisateurs) s'annoncent comme les plus importantes de ces dernières années. Le pari des syndicats est de réunir au moins autant de monde que lors des deux premières grandes manifestations de l'année.
Fait unique dans l’histoire, les cadres défileront au côté des salariés lors de cette journée unitaire. «Je suis persuadé que cette unité se poursuivra aussi longtemps que durera la crise», a déclare Bernard Van Craeynest, dirigeant de la CFE-CGC, syndicat des cadres. Les séquelles de la division historique du syndicalisme français ne sont toutefois pas effacées partout. A Marseille, Nice, Nantes ou Clermont-Ferrand, notamment, FO organise des initiatives séparées.
«Enormément plus de monde»
Les syndicats redoublent de déclarations enthousiastes. «Nous ambitionnons un 1er Mai grandiose [...]. Nous avons besoin d'une véritable lame de fond qui soit irrésistible», dit Maryse Dumas, membre de la direction de la CGT. Dumas prédit «énormément plus de monde» qu’un 1er mai ordinaire. Sans donner de chiffres.
Mais les syndicats ne sont pas en accord sur la suite à apporter ce mouvement. Jean-Claude Mailly, patron de FO,
propose une grève générale de 24 heures, une idée qui n’est pour l’instant pas reprise par les autres centrales syndicales, et même vivement rejetée par la CFDT. De son côté, Solidaires estime qu’il faut «durcir les choses» en se prononçant pour une grève générale, mais sans préciser la forme que pourrait prendre celle-ci.
Les séquestrations jugées peu efficaces
La question du durcissement du mouvement est au coeur de toutes les préoccupations. Il faut dire que les syndicats ont peur de se faire déborder par les mouvements sociaux spécifiques nés de la crise. Plus que sur les grands défilés, l’attention médiatique se concentre ces dernières semaines sur des conflits sociaux très durs sur fond de fermeture d’usine: Continental, Caterpillar...
Les séquestrations de patrons, très spectaculaires et vues avec une certaine bienveillance par les Français, sont aussi un risque pour les syndicats qui ne peuvent les approuver officiellement. Mais les centrales syndicales seront rassurées de savoir que
selon un sondage TNS-Sofres, les Français jugent la négociation (77% la trouvent utile), la grève (68%) et les manifestations (62%) beaucoup plus efficaces que les séquestrations, jugées utiles par seulement 24% des sondés.
20minutes.fr