PRISON - Il écope de deux ans fermes. Pris d'une envie suicidaire et d'un coup de folie, il avait tiré sur des policiers...
Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné dans la nuit de jeudi à vendredi à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, un surveillant de prison qui, pris d'un coup de folie suicidaire en juin 2008, avait tiré vers des policiers sur le domaine pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne).
Il a assorti la peine, conforme aux réquisitions du substitut du procureur, d'une mise à l'épreuve et prononcé le maintien en détention du prévenu.
Des armées dérobées dans l'armurerie de son service
Le 11 juin 2008 en fin d'après-midi, l'agent de 37 ans s'était retranché dans son logement, dans un foyer-résidence jouxtant la maison d'arrêt, avec un arsenal dérobé dans l'armurerie de son service: un fusil à pompe à visée laser, deux pistolets automatiques, plusieurs chargeurs et deux grenades.
Se sentant acculé par ses problèmes financiers, sentimentaux et avec sa hiérarchie, Pascal Sivera voulait, a-t-il expliqué, mettre fin à ses jours en «mourant au combat». Il avait préalablement bu un demi-litre de whisky en 20 minutes, soit un taux d'alcoolémie constaté de 2,41 g/l.
Il voulait qu'on lui tire dessus
Un périmètre de sécurité avait été mis en place et les policiers d'élite du RAID requis. Mais, dans l'intervalle, l'agent avait quitté son logement et, voyant les policiers présents, avait tiré à plusieurs reprises dans leur direction, sans blesser personne, cherchant visiblement à provoquer une riposte. En vain. Revenu dans le bâtiment, il avait menacé une collègue, avant de tirer une balle dans la porte de sa chambre. Il s'était finalement rendu peu avant 21h00.
«Le but, c'était qu'ils me tirent dessus», a expliqué au tribunal le prévenu, ancien parachutiste dans l'armée. «Je n'ai mis personne en danger, a-t-il affirmé. Je suis moniteur de tir. Si j'avais voulu toucher quelqu'un, il y aurait eu des morts». Au total, 21 coups de feu avaient été dénombrés.
Avec agence.