Vendredi, ils vont battre le bitume bras dessus, bras dessous. Du jamais vu. Le gratin syndical - CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa - a décidé de faire cause commune pour le 1er Mai 2009, une première historique dans un contexte inédit.
A l'occasion de la Fête du travail, plus de 280 manifestations devraient avoir lieu en France pour protester contre la politique gouvernementale et l'attitude patronale.
«Une lame de fond irrésistible»
Pour la première fois, la CFE-CGC (cadres) sera dans la rue et la CFTC, qui fait souvent bande à part, se mêlera au cortège. Seul FO jouera les cavaliers seuls dans 40 % des défilés. «Nous visons un 1er Mai grandiose. Nous avons besoin d'une véritable lame de fond irrésistible», s'est écriée hier Maryse Dumas de la CGT.
Si l'on en croit le sondage BVA-Orange à paraître dans L'Express aujourd'hui, une majorité de Français (71 %) juge «justifié» l'appel syndical unitaire. L'union sacrée va-t-elle pour autant motiver les récalcitrants? Le défi est là: réunir plus de monde que le 19 mars (entre 1,2 et 3 millions de manifestants) et le 29 janvier (1 à 2,5 millions).
Fièvre sociale et conflits durs
Pour y parvenir, il va falloir convaincre les jeunes, les familles et les salariés du privé de renoncer à leur long week-end au profit d'une journée merguez et fanfares. Un pari pas impossible: la fièvre sociale devrait nourrir une forte participation. Des conflits durs et très médiatisés comme celui de Continental tiennent le haut de l'affiche.
Pour la première fois aussi depuis longtemps, quatorze organisations de gauche, dont le PS et le NPA, ont signé un appel commun pour réussir un 1er Mai «historique» destiné à «mettre un coup d'arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef».
La tentation de la grève générale
Reste à savoir si le front commun ne va pas se lézarder avec la tentation, chez certains, de la grève générale. Et si le gouvernement Sarkozy est prêt à faire une fleur aux syndicats. Ce qui serait, là aussi, historique, lors de la fête du muguet.