BANQUE - Le président a donné sa démission pour «protéger» la banque...
Daniel Bouton s'en va. Le président de la Société Générale, a annoncé ce mercredi qu'il avait remis sa démission pour «protéger» le groupe bancaire. «Je suis devenu la cible d'attaques incessantes qui finissent par nuire à cette entreprise à laquelle je suis très attaché», a-t-il expliqué dans un entretien au «Figaro».
«Comme tout dirigeant, j'ai certainement commis des erreurs et j'ai pu être maladroit, je le reconnais», a concédé le président démissionnaire. «Mais les critiques dont je suis la cible me sont devenues insupportables et il faut pour la banque ramener la sérénité. Si mon départ peut y contribuer, tant mieux.»
«La tentation du bouc émissaire»
La Société Générale a été au coeur de plusieurs polémiques et scandales ces derniers mois, entre la perte de 5 milliards d'euros provoquée par les activités de
Jérôme Kerviel et le montant des retraites de ses dirigeants. Lundi, «
Libération» révélait par ailleurs que le groupe bancaire
pourrait perdre 5 milliards d'euros à cause d'investissements hasardeux dans son activité de gestion d'actifs. Des informations «formellement» démenties par la Société Générale.
Daniel Bouton reconnaît cependant une erreur: «celle ne ne pas avoir refusé» le récent
plan de stocks-options pour les dirigeants de son groupe, même s'il pense qu'il s'agit des «instruments les mieux adaptés à la situation actuelle». Il estime par ailleurs que les critiques contre les banques, qui se multiplient depuis le déclenchement de la crise financière, sont «malvenues», même si des «erreurs» ont été commises et s'il comprend «la tentation du bouc émissaire».
«Zéro» indemnité de départ
Il affirme d'autre part qu'il s'était «régulièrement» posé la question de son départ «depuis l'affaire Kerviel, en janvier 2008». «A l'époque, j'avais présenté ma démission au conseil, qui l'avait refusée», souligne-t-il. La direction générale du groupe avait été confiée à Frédéric Oudéa, qui «s'avère être un directeur général de grande qualité», selon Daniel Bouton.
«Je suis donc aujourd'hui certain que je peux partir en laissant la Société Générale entre de très bonnes mains», a-t-il estimé. Daniel Bouton a assuré par ailleurs quitter le groupe avec «zéro» indemnité de départ et annonce que «le conseil d'administration élira le 6 mai prochain un nouveau président».
J.M. avec agence