
ETATS-UNIS - A l'heure du premier bilan, le président américain est toujours aussi populaire...
L'étape des cent jours est à la fois artificielle et significative. C'est le moment où un président dispose encore du capital de sympathie après son élection, tout en commençant à imprimer sa marque. Ce mercredi, à l'occasion de ses cent premiers jours à la tête des Etats-Unis, Barack Obama devrait faire passer le message suivant: il s'est attelé aux plus grands défis de la nation, mais beaucoup reste à faire.
Economie La crise financière a pris tout le monde par surprise, alors que le pays était déjà en récession depuis plus d'un an. Pour y faire face, Barack Obama a fait voter un plan de relance colossal de 787 milliards de dollars, dont l'effet tarde encore à se faire sentir. «Mais personne n'attend que l'économie soit transformée en cent jours», tempère Nicole Bacharan, spécialiste des Etats-Unis.
Alors que le déficit budgétaire américain atteint le record de 1.845 milliards de dollars pour 2008-2009, Obama a arraché un budget 2010 de 3.600 milliards de dollars, au risque de creuser la dette. Cet argent permettra, entre autres, de donner une couverture santé aux 46 millions d'Américains qui en sont dépourvus et de développer les énergies alternatives, deux de ses priorités.
Droits de l'homme Le Président a interdit la torture, et autorisé la publication de «mémos» de la CIA sur les techniques d'interrogatoires antiterroristes, ce qui pourrait déboucher sur des poursuites. Il a aussi annoncé la fermeture de la prison la plus controversée du monde, Guantanamo. Le processus est en cours mais prendra du temps. Seul un prisonnier sur 240 a été relâché depuis son arrivée à la Maison Blanche, relève Amnesty International dans son rapport publié ce mercredi, «Mixed Messages». L'ONG note aussi que 500 hommes sont toujours détenus sans charge, procès ou examen judiciaire sur la base américaine de Bagram, en Afghanistan.Politique étrangère Barack Obama a changé de ton par rapport à son prédécesseur. Il a pratiqué la politique de la «main tendue» envers l'Iran et la Syrie, levé les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent vers Cuba, renoué avec l'Amérique latine - allant jusqu'à serrer la main du président vénézuélien Hugo Chavez -, et s'est attaqué au conflit au Proche-Orient. C'est le retour au multilatéralisme et au pragmatisme, après l'unilatéralisme et l'idéologie néoconservatrice des années Bush. Obama a aussi voulu montrer un nouveau visage aux musulmans, en accordant sa première interview de président à une chaîne arabe, Al Arabia. Autant d'initiatives qui «placent les Etats-Unis sous les auspices d'un monde nouveau», estime Yannick Mireur, directeur de la revue «Politique américaine».
Guerres Obama compte réorienter la priorité militaire américaine de l'Irak vers l'Afghanistan, où il va envoyer 21.000 soldats supplémentaires. En décidant de retirer les troupes américaines d'Irak d'ici à la fin 2011, le Président se situe «dans la continuité» de Bush, estime Yannick Mireur. Sous la pression, «W» avait en effet amorcé ce retrait à la fin de son deuxième mandat.
Au final, Barack Obama a «rempli son contrat des cent jours en apportant sa vision et des initiatives dans un contexte difficile, estime Nicole Bacharan. Il a lancé une transformation historique. Mais il en est au début, et il y a beaucoup d'obstacles sur sa route.» Démocrates comme républicains le jugent déjà trop «tiède» car trop centriste. Défenseur d'une approche bipartisane, le Président a toutefois réussi à conserver une immense cote de popularité, avec 73% d'opinions favorables.
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publié le : 09-02-2010 15:18
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