PORTRAIT - Il est le «cerveau» du gang des barbares, explique ses complices, et celui qui aurait achevé Ilan...
«A chaque fois qu’un juif meurt, je suis content. […] A mort Israël, à mort les juifs!» Comme le montrent ces propos antisémites de Youssouf Fofana pendant l’instruction ou tirés de courriers à ses avocats, l’homme décrit comme «mégalomane» et «pervers» par les experts, aime provoquer. Agé de 28 ans, il a usé, par ses menaces ou ses diatribes, plusieurs dizaines d’avocats depuis son arrestation, dont certains ténors (Me Jacques Vergès, Me Eric Dupont-Moretti…).
Lundi, il a prévenu qu’il refuserait «au nom de la dignité humaine» d’être incarcéré dans la souricière du tribunal durant son procès. Ce « caïd de cité», déjà condamné pour des «vols avec violence», est-il, comme l’affirment les autres accusés, le cerveau du «gang des barbares»?
Il encourt la perpétuité
A les croire, c’est lui, «le boss», qui a recruté les jeunes femmes servant de «rabatteuses». Lui qui a établi les modalités des enlèvements dans «un lieu ouvert» d’où l’on peut facilement fuir, lui qui a fait rechercher un appartement pour la séquestration et qui a monté l’équipe de geôliers avec plusieurs jeunes de la cité de Bagneux à qui il a proposé «un petit travail». Lui qui a fixé les conditions de détention d’Ilan Halimi (menotté par-devant, yeux et bouche scotchés, vêtu d’un peignoir dans une chambre puis une cave non chauffées en hiver…). Lui qui, pendant trois semaines, a mené la plupart des négociations avec les parents d’Ilan Halimi, multipliant insultes et menaces par téléphone ou par e-mail. Lui, enfin, qui a mis à mort le jeune homme, ce qu’il nie.
Selon les témoignages du gang, Fofana serait parti seul en voiture avec Ilan Halimi le 13 février 2006, pour le libérer, l’extorsion ayant échoué. Mais plus tard dans la journée, il aurait confié à un complice avoir frappé Ilan Halimi, qui aurait aperçu son visage lors du transport, de quatre coups de couteaux avant de l’immoler. «Cela a fait une grande flamme et je suis parti», aurait-il avoué. L’autopsie révélera quatre plaies dont une mortelle à la jugulaire, et de multiples brûlures sur l’ensemble du corps. Youssouf Fofana encourt la prison à vie.
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B.B.