JUSTICE - Le procès des ravisseurs et tortionnaires présumés d'Ilan Halimi s'ouvre à Paris ce mercredi matin...
Ilan Halimi avait 23 ans et gagnait 1.200 euros par mois comme vendeur dans une boutique parisienne de téléphonie. Le 20 janvier 2006, il est enlevé et une rançon de 450 000 € est réclamée à ses parents. Pourquoi? Car il est juif et «les juifs sont solidaires entre eux et ils payent», aurait indiqué
Youssouf Fofana, chef présumé des geôliers, à une de ses complices. Le 13 février, après trois semaines de séquestration et de tortures, son cadavre est découvert au bord d’une voie ferrée dans l’Essonne. Un corps nu, bâillonné, menotté, poignardé, et incendié à l’alcool à brûler.
Ce mercredi matin s’ouvre devant la cour d’assises des mineurs de Paris, le procès de ceux que les médias ont surnommé «le gang des barbares». Vingt-sept personnes. Les ravisseurs et tortionnaires présumés d’Ilan Halimi. Des hommes et femmes âgés, à l’époque, de 17 à 32 ans (voir encadré), gravitant autour de la cité de la Pierre-Plate et de l’allée Prunier-Hardy, à Bagneux (Hauts-de-Seine). «Un melting-pot du crime, de bêtise et de haine», selon des policiers.
«Nous avons visé la communauté juive car pour, nous, c’est une communauté qui a de l’argent et qui est soudée»
Etudiants, livreurs de pizzas, intérimaires ou petits dealers de shit, ils se sont, pendant trois semaines, transformés en appâts, ravisseurs, geôliers ou négociateurs. Sous l’influence de Youssouf Fofana, multirécidiviste de 25 ans surnommé «le boss» ou «Oussama», ils avaient accepté de participer à un «plan thunes»: enlever des hommes, si possible de confession juive, contre rançon. Le stratagème aurait été échafaudé à la fin 2005 par Fofana et Jean-Christophe Sombou, un de ses coaccusés, alors que les deux hommes étaient écroués à la prison de Nanterre.
«Nous avons décidé de faire des enlèvements, nous avons visé la communauté juive car, pour nous, c’est une communauté qui a de l’argent et qui est soudée. Les gens de cette diaspora sont en mesure de réunir de grosses sommes», expliquera Fofana, le 23 février 2006, aux policiers français et ivoiriens après son arrestation à Abidjan.
Neuf tentatives d'enlèvement avant Ilan Halimi
Avant Ilan Halimi, «les barbares» avaient tenté d’enlever neuf autres hommes, juifs ou prétendus tel selon le gang. A chaque fois, le même mode opératoire: une jeune femme aguiche la cible dans un lieu public (boîte de nuit, magasin…) puis tente de l’attirer dans un guet-apens où l’attendent les ravisseurs.
A chaque fois, le plan avait échoué, jusqu’à Ilan Halimi. Un temps nié par la police et la justice, la dimension antisémite de ce crime crapuleux avait fait de cet assassinat une affaire politique. Jacques Chirac avait exprimé son émotion à la famille Halimi, et le 26 février 2006, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dans tout le pays contre l’antisémitisme.
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Bastien Bonnefous
HUIS CLOS - Deux accusés étant mineurs au moment des faits, le procès devrait se dérouler à huis clos comme le prévoit la loi, malgré l’opposition des parties civiles.
MENACES - Le parquet de Paris va ouvrir une enquête préliminaire pour tenter d'identifier le ou les auteurs d'une lettre reçue mardi par le procureur de la République et qui menace Youssouf Fofana.