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Xavier Bertrand: «On a trop longtemps souffert d'une Europe de technocrates, déconnectés de la réalité»

Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, le 22 mars 2009 à Paris
Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, le 22 mars 2009 à Paris/Mehdi Fedouach AFP/Archives

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INTERVIEW - Le président de l'UMP revient sur les enjeux des élections européennes.

L’UMP tient demain son meeting de lancement de campagne pour les européennes. Pourtant, les listes ne sont pas encore bouclées…
Comme pour toutes les élections, nous présentons les listes au moment de leur clôture. Cette question passionne les journalistes, mais je n’ai jamais été interpellé sur le terrain à ce sujet. Jamais on ne me demande qui sera à la quatrième ou la neuvième place d’une liste. On me parle de la Turquie, de l’emploi. Notre choix est de nous concentrer sur les sujets de fond pour l’Europe. Je vous rassure, tout sera fait en temps et en heure.

>> La vidéo de l'interview de Xavier Bertrand, c'est par ici.

A l’UMP, Nadine Morano et Michel Barnier ont appelé à «sanctionner le PS» qui appelle à «un vote sanction». Le débat va-t-il se résumer à ça?
Nous ne sommes pas sur ce registre. Je veux une campagne offensive. Avec la présidence française de l’UE, on a montré ce que le volontarisme voulait dire: éviter la généralisation du conflit en Géorgie ou que la crise financière ne se transforme pas en krach… Quand l’Europe veut, sur la TVA à 5,5 % dans la restauration par exemple, elle peut. Mais si les autres partis en panne d’idée veulent parler de l’action du gouvernement en France, je dis chiche: deux ans d’actions, d’engagements tenus, la France qui change… Nous sommes prêts à débattre de l’action de Nicolas Sarkozy et l’absence d’idées des socialistes.

Comment intéresser les Français à cette élection?
Pendant longtemps, dès qu’il y avait un problème, on disait que c’était à cause de l’Europe. Il faut apprendre à dire «grâce à l’Europe». On a évité la catastrophe financière grâce à l’Europe. C’est vrai, il y a des sujets sur lesquels il faut faire bouger les choses. L’Europe doit davantage protéger l’emploi. Il existe un fond d’ajustement à la mondialisation avec un plafond de dépenses de 500 millions d’euros par an. Seulement 67 millions ont déjà été utilisés, le reste dort dans un tiroir alors qu’on en a besoin. Les outils existent, il faut s’en servir et les rendre efficaces. Nous avons besoin que les eurodéputés soient présents à Strasbourg, à Bruxelles, mais aussi dans leur circonscription.

Quels seront les débats essentiels de cette élection?
Lors des débats organisés par le mouvement populaire, trois questions nous sont souvent posées. Qu’allez-vous faire pour qu’une telle crise ne se reproduise pas? Que faites-vous pour en sortir le plus vite possible? Quels sont les nouveaux modèles de croissance pour l’Europe? A nous d’y apporter des réponses. On a trop longtemps souffert d’une Europe de technocrates, déconnectés de la réalité. Nous avons besoin de renouer avec une Europe politique.

Le processus d’élargissement est-il en panne?
Nous sommes aujourd’hui 27 membres, approfondissons nos relations plutôt que de nous élargir. Il est vrai que tout le monde a compris qu’intégrer les pays des Balkans était un facteur de paix et de stabilité. Concernant l’adhésion de la Turquie, la réponse est non. Cet état a vocation à être un partenaire, mais pas à être partie prenante de l’Union européenne. Nous sommes très clairs sur cette question, mais je ne suis pas sûr que la position des socialistes ou du colistier irlandais de monsieur de Villiers soit aussi claire.

L’avenir appartient-t-il à une Europe à la carte ou doit-on tout mettre en commun?
L’Europe qui dérange, c’est celle qui voudrait nous dire que le rosé se fait en coupant du vin blanc avec du vin rouge. L’essentiel, c’est la monnaie unique, c’est aussi la progression de l’Europe sociale. Le développement économique de l’Europe doit se faire en même temps que le développement social. Mais, il y a des domaines qui doivent rester de la compétence de chaque pays.

Qu’attendez-vous d’un eurodéputé?
Qu’il ait la même énergie que Nicolas Sarkozy pendant la présidence française de l’Union européenne. Cela veut dire s’engager à fond et ne pas hésiter à bousculer les choses.

C’est aussi quelqu’un qui vote des textes allant à l’encontre d’une loi française, comme c’est le cas sur la loi Création et Internet…
C’est une stratégie politique de la part de certains comme le PS qui n’ont pas compris que la création doit être respectée et protégée. Pour le mouvement populaire, la priorité, c’est de protéger les créateurs. C’est vrai à Paris, à Strasbourg ou à Bruxelles.
Propos recueillis par David Carzon et Emile Josselin
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