Dans la chambre d’appel, son sourire chambreur tranche avec les visages fermés de tous ses adversaires. Frédérick Bousquet, combinaison Jaked rutilante sur le torse, s’apprête à défier Alain Bernard, Amaury Leveaux ou Fabien Gilot en finale du 50m nage libre et cela ne semble pas lui causer le moindre souci. Une longueur de bassin plus loin, on comprend mieux pourquoi. Le Marseillais ressort de la piscine Antigone dans la peau d’un nouveau recordman du monde (20’94). Toujours avec ce sourire.
A côté de l’exploit réalisé, le titre de champion de France et la qualification pour les Mondiaux paraissent anecdotiques. Derrière sa décontraction apparente, Frédérick Bousquet est le premier nageur à descendre sous a barre des 21 secondes. Le record de l’Australien Eamon Sullivan (21’28), réalisé il y a un peu plus d’un an à Sydney est pulvérisé. Bernard, et Leveaux, relégués loin derrière dans son sillage.
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«Je pioche un peu sur la fin, note pourtant le nageur marseillais, encore essoufflé à sa sortie du bassin. Les deux derniers coups de bras, il ne me restait rien.» Exilé depuis le début de saison à Auburn, aux Etats-Unis, Bousquet réalise donc le doublé 50m - 100m. Il sera à Rome le seul Français aligné sur les deux distances, en plus du relais.
«Ce chrono, je l'avais en tête depuis le début de saison. Et là, mon entraîneur aux Etats-Unis, celui de Marseille, mes coéquipiers de clubs, m'ont tous permis de rééditer ça.» A peine sorti de l'eau, le vice champion olympique du relais a juste oublié de saluer sa petite amie, une certaine Laure Manaudou. Pendant quatre jours, il lui a pourtant redonné le sourire dans les gradins de la piscine montpelliéraine. Un autre exploit.