ETATS-UNIS - Des sévices pratiqués par le personnel américain dans des prisons en Irak et en Afghanistan...
«Je pense qu'elles se compteront en centaines». En faisant référence aux clichés de sévices que le Pentagone s’apprête à publier, un haut responsable américain, sous couvert de l'anonymat, annonce un nouveau pavé dans la mare souillée des droits de l’homme sous le gouvernement Bush. Quelques jours seulement après
une série de révélations sur la pratique du «waterboarding».
Pourquoi cette diffusion, et maintenant? Suite à une action en justice intentée par l'association américaine de défense des libertés ACLU, en 2004, le département de la Défense a approuvé que ces photos soient diffusées avant le 28 mai, a expliqué un porte-parole du Pentagone.
L'expert juridique de l'ACLU, Amrit Singh, avait déclaré jeudi que «ces photographies donnaient une preuve visuelle que les sévices pratiqués sur les prisonniers par le personnel américain n'étaient pas isolés mais largement répandus bien au-delà des murs de la prison d'Abou Ghraïb». Les photos qui seront dévoilées concernent des actes commis dans des prisons d’Irak et d’Afghanistan.
Obama et l’interdiction de la torture
Abou Ghraïb est devenue mondialement (et tristement) célèbre après la publication en 2004 de photos montrant des détenus irakiens humiliés et maltraités par leurs gardiens américains. Ce scandale a conduit à la condamnation de onze soldats à des peines allant jusqu'à 10 ans de prison.
Le président Barack Obama, qui a interdit l'usage de la torture dès son arrivée à la Maison Blanche,
avait autorisé la semaine dernière la diffusion de quatre notes confidentielles rendant compte des méthodes employées par la CIA pour faire parler les terroristes sous l'administration Bush.
Faute avouée, faute plus qu’à moitié pardonnée.
Obama avait alors assuré que les personnels de la grande agence de renseignement impliqués dans les interrogatoires ne devraient pas être poursuivis. Quelques jours plus tôt, il avait en revanche annoncé que des poursuites seraient possibles contre les membres de l'administration Bush ayant fourni une couverture juridique à ces actes de tortures.
Selon un rapport du Sénat américain publié jeudi, la CIA avait demandé dès mai 2002 à pouvoir utiliser des méthodes musclées d'interrogatoire de suspects de terrorisme, et Condoleezza Rice, alors conseillère à la sécurité nationale de George Bush,
avait donné son feu vert.
Avec agence