Le Pakistan risque-t-il de tomber aux mains des talibans?
Créé le 24.04.09 à 17h49
Mis à jour le 24.04.09 à 20h00
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CONFLIT - Ces derniers se sont retirés du district proche de la capitale qu'ils occupaient depuis quelques jours, mais leur progression dans le pays suscite des inquiétudes...
Hillary Clinton n'y est pas allée par quatre chemins jeudi. Alors que les talibans sont en train d'étendre leur emprise dans la province de la frontière du Nord-Ouest du Pakistan, la secrétaire d'Etat a dit redouter qu'ils ne soient un jour à même de «prendre le contrôle» de la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman.
Petite éclaircie à l'horizon de ce sombre tableau: les talibans se retiraient, ce vendredi après-midi, du district de Buner, situé à une centaine de kilomètres seulement de la capitale, Islamabad. Les combattants islamistes l'occupaient depuis plusieurs jours au mépris d'un accord de cessez-le-feu signé mi-février.
Instauration de la charia en échange d'un cessez-le-feu
Certains analystes voient dans ce retrait une stratégie pour ne pas perdre ce que les talibans ont acquis en échange du cessez-le-feu:
l'instauration de la charia, loi islamique, dans la région de Malakand (dans laquelle se situe le district de Buner).
Cet accord est considéré par Washington et une large partie de l'opinion publique pakistanaise comme une capitulation devant les extrémistes. Surtout que les talibans n'ont en réalité jamais déposé les armes, et ont au contraire profité du cessez-le-feu pour avancer sur le terrain, jusqu’à occuper le district de Buner.
«Ils ont instauré le règne de la terreur»
Dès qu’ils étaient arrivés sur ce territoire, les talibans avaient «instauré le règne de la terreur» et semé «la panique dans la population locale», a témoigné pour l'AFP Karim Babak, un ancien député provincial. Mercredi, un porte-parole des talibans avait promis d'étendre l'application stricte de la charia à la totalité du pays.
«Depuis une mosquée, les talibans ont annoncé qu'ils ne toléreront plus aucune activité contraire à l'islam à Buner», a également témoigné au téléphone un habitant qui a refusé d'être identifié par peur des représailles. «Des écriteaux ont été placardés chez les coiffeurs, interdisant aux hommes de raser leurs barbes», a-t-il assuré.
La communauté internationale inquiète
«J'ai vu des écriteaux interdisant aux femmes de se rendre au marché», a assuré un habitant, Abdur Rehman. Même les responsables locaux des dispensaires et hôpitaux ont dû demander à leur personnel féminin de rester à la maison.
Les Pakistanais ont été particulièrement choqués par cette approche aux portes de la capitale des talibans. La communauté internationale s'inquiète désormais à voix haute de la capacité du gouvernement à endiguer l'avance de ces combattants parfois liés à Al-Qaida et aux talibans de l'Afghanistan voisin.
C. F. (avec agence)
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