Pour les Britanniques, c'est aussi no future

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Publié le 24 avril 2009.

EMPLOI - Autrefois tant loué, le modèle anglosaxon subit de plein fouet la crise...

Et des milliers de jeunes Britanniques sont en première ligne. Au Job Centre du quartier londonien de Wood Green - sorte d'ANPE britannique -, Mehmet, 20 ans, est venu pointer au chômage ce matin-là. Un mois et demi déjà que le jeune homme a perdu son emploi de videur dans une boîte de nuit. « J'ai envoyé plus de vingt CV, j'ai appelé plusieurs compagnies. A chaque fois, ils m'ont dit de laisser mes coordonnées, mais ils ne m'ont jamais rappelé », soupire Mehmet. Le jeune homme doit désormais se débrouiller avec les 47,95 livres (53,15 euros) d'allocations hebdomadaires versées aux 18-24 ans. Une aide inférieure aux 60,50 livres (67 euros) réservées aux plus âgés.

Entre novembre 2008 et janvier 2009 - les derniers chiffres publiés -, 621 000 des 18-24 ans étaient catégorisés « au chômage ». Soit 30,6 % des 2,03 millions de chômeurs identifiés pendant cette période. En février 2009, 7,8 % des jeunes pointaient régulièrement pour bénéficier des aides de l'Etat réservées aux sans-emploi, contre 3,8 % de l'ensemble des actifs. A l'University College London (UCL), une faculté plantée au coeur de la capitale, les étudiants s'inquiètent pour leur avenir. « Dans les journaux, on voit toutes ces banques qui s'écroulent, des gens qui perdent leur emploi. Certains journalistes évoquent la Grande Dépression [de 1929]. Ça fait peur », souligne Sarah, 20 ans, étudiante en histoire.

Pour venir en aide aux 400 000 jeunes en passe d'obtenir leur diplôme de fin d'études, le gouvernement a ouvert des négociations au terme desquelles les entreprises devraient être encouragées à recruter des stagiaires. « Au bout de leur stage, ces jeunes seront plus employables. Certains d'entre eux obtiendront un poste. Les employeurs ne voudront pas laisser partir de bons candidats », a assuré John Denham, le secrétaire aux Universités. Mais le programme suffira-t-il à enrayer la tendance ? Sans doute pas. Déjà, les entreprises se préparent à faire l'impasse sur les « milk rounds » - ces tournées des universités visant à recruter de jeunes diplômés - ou à concentrer leurs efforts sur les facultés d'élite. Alors, dans les couloirs de l'UCL, on imagine d'autres stratégies. « Si la situation ne s'est pas améliorée d'ici à deux ans, souligne Richard, étudiant en première année d'anglais, je continuerai mes études jusqu'à ce que ça aille mieux. » Une solution possible à condition d'avoir de l'argent. Au Royaume-Uni, un master coûte entre 3 200 et 6 000 livres (3 570 à 6 700 euros) par an, un MBA entre 6 700 et 22 350 euros. W

A Londres, Karine Le Loët
Emploi

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