PYRENEES ORIENTALES - Un président de bureau avait été pris en flagrant délit de «fraude à la chaussette»...
La «
fraude à la chaussette» ne paie pas. Le Conseil d'Etat a annoncé ce jeudi avoir confirmé l'annulation des
élections municipales de 2008 à
Perpignan, à la suite de l'irrégularité révélée lors ce scrutin. Le sénateur-maire UMP Jean-Paul Alduy, sorti vainqueur, avait saisi l'instance le 7 novembre, alors que l'élection avait été invalidée en octobre dernier par le tribunal administratif de Montpellier.
Le préfet des Pyrénées-Orientales Hubert Bousiges a indiqué que le conseil municipal serait dissous dès que le ministère de l'Intérieur lui notifierait la décision du Conseil d'Etat «d'ici un à deux jours». Il a nommé une délégation spéciale de «sept sages» qui remplacera alors Jean-Paul Alduy et son équipe pour administrer la ville en attendant de nouvelles élections.
Jean-Paul Alduy va-t-il se représenter?
Lors d'une conférence de presse, Jean-Paul Alduy a indiqué ce jeudi qu'il se donnait une semaine environ avant de décider s'il se représenterait aux élections. «Ce n'est pas une décision qu'on prend à chaud», a-t-il déclaré, tout en affirmant qu'il ferait «tout pour que le couple infernal Bourquin - Amiel-Donat ne puisse avoir, et le département et la mairie», évoquant sa rivale et le président PS du conseil général, Christian Bourquin.
Le 16 mars 2008, Jean-Paul Alduy avait obtenu 45,48% des suffrages exprimés, contre 44,11% à la liste d'union de la gauche et du Modem conduite par Jacqueline Amiel-Donat (PS), tandis que la liste conduite par Louis Aliot (FN) obtenait 10,42%.
Lors du dépouillement au second tour, le président de l'un des 66 bureaux, frère d'un colistier de Jean-Paul Alduy, avait été trouvé en possession de bulletins et d'enveloppes dissimulés dans ses poches et ses chaussettes. Il a été
mis en examen pour fraude électorale en compagnie de deux autres personnes, dont la deuxième adjointe au maire, Marie «Mimi» Tjoyas, poursuivies pour complicité. Un nouveau scrutin devra également être organisé.
Le PS salue «une victoire pour la démocratie»
Alain Marleix, secrétaire d'Etat UMP à l'intérieur, s'est déclaré «étonné» de la décision du Conseil d'Etat. Selon lui, «elle introduit un risque d'imnombrables contentieux pour l'avenir en matière électorale». «On généralise à l'échelle d'une ville des incidents qui se sont produits dans un bureau seulement, et on suppose a priori que tous les électeurs de ce bureau auraient voté pour la liste minoritaire», a-t-il également déploré. Le Conseil d'Etat a de son côté souligné que compte tenu du faible écart, il n'était pas sûr «qu'en l'absence de fraude, la liste élue l'aurait emporté».
Le Parti socialiste a «salué» «une victoire pour la démocratie», et a appelé les habitants de la cité à voter PS lors du nouveau scrutin qui sera organisé.
J.M. avec agence