Grenelle des ondes: à peine ouvert, déjà contesté

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Publié le 23 avril 2009.

TELEPHONIE - La grande table ronde a commencé ce jeudi et les ministres ont tenté de montrer leur ouverture...

Désirs d’«ouverture», de «transparence» et surtout de dialogue. Le «Grenelle» de la téléphonie mobile a inauguré hier ses tables rondes avec une bonne volonté ministérielle pas vraiment communicative. «On va pouvoir se parler», se réjouit Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, secondée par Nathalie Kosciusko-Morizet (économie numérique) et Chantal Jouanno (Ecologie). De quoi et avec qui, lui rétorquent les associations anti-ondes.

Deux aspects des débats leur restent particulièrement dans la gorge. Tout d’abord, le recentrage subtil du débat sur le portable, aux dépens des antennes-relais potentiellement moins toxiques. Les ministres multiplient les recommandations à l’encontre du boîtier : kit mains-libres, interdiction pour les moins de 12 ans, pas d’utilisation dans les transports... Ce à quoi les associations répondent que les utilisateurs de mobile choisissent de s’intoxiquer. A la différence des autres qui ingurgitent passivement les ondes de la téléphonie.

Deuxième point qui fâche, l’entrée des scientifiques dans l’arène. Les autorités se cachent derrière les agences officielles très prudentes, les associations mettent en avant des chercheurs parfois obscurs. Mais on ignore encore qui de tout ce beau monde va être auditionné et dans quelles conditions. En effet, la première réunion débute dans moins de deux semaines (le 6 mai) et les invitations ne sont toujours pas lancées. A moins que les réunions se prolongent au-delà des trois maigrichonnes journées prévues.

«Du débat pour le débat»

«Tous les sujets sont ouverts», a tenu à préciser Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie. Selon elle, «il a même été évoqué la possibilité de suspendre l'implantation de nouvelles antennes en attendant le résultat de l'étude de l'Afsset» (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement) sur l'impact des antennes et des téléphones portables, prévue pour septembre. Elle a reconnu cependant qu'une telle décision nécessiterait un «arbitrage interministériel».

Pour Stephen Kerckhove, délégué général de l'association Agir pour l'environnement, «on a débattu de la forme que pourrait prendre le débat, on en est aux balbutiements du débat». «Nous, on veut de la règlementation, pas du débat pour le débat», a-t-il ajouté. «Ce n'est pas à la hauteur d'une réunion avec trois ministres», a estimé l'écologiste. «On veut qu’on nous écoute et qu’on nous entende», renchérit Janine Le Calvez, présidente de l'association Priartèm.

Maud Noyon (avec V.G.)
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