Le gouvernement a validé hier le décret à l'origine de la fronde qui paralyse un grand nombre d'universités françaises depuis douze semaines. Faut-il y voir un coup de force ou une tentative de coup d'arrêt d'un mouvement sans précédent, qui a un impact certain sur la tenue sereine des examens ? Hier, le nouveau projet de décret, modifiant celui de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, a été examiné en Conseil des ministres et validé, comme il l'avait déjà été la veille au Conseil d'Etat.
« On a là un décret parfaitement conforme aux attentes de la communauté universitaire », a déclaré hier François Fillon, sur France Inter. Son enthousiasme a vite été contrebalancé par une kyrielle de communiqués émanant des syndicats - comme celui de la FSU, qui assure que le texte est toujours « massivement contesté» - ou de la Coordination nationale des universités, qui égrène la liste sans fin des actions prévues aujourd'hui. La contestation continue donc. Selon le Premier ministre, elle perturbe encore une faculté sur quatre, soit entre « 20 et 25 universités » sur un total de 85. Ainsi, les étudiants des universités de Lorient, Caen et Rennes n'ont toujours pas repris le chemin des cours comme ils étaient censés le faire lundi après la fin des vacances de printemps. Et Toulouse-II était encore fermée administrativement. Le brainstorming actuel consiste, pour ces établissements, à définir un nouveau calendrier pour que les cours manqués puissent être rattrapés, et les examens « retardés de quelques mois » s'il le faut, comme confirmé hier par François Fillon. W